le trumpisme fait la preuve de sa résilience

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Rassemblement de soutien à Donald Trump dans le centre-ville de Prescott, en Arizona, le 3 novembre.

En 2016, la victoire surprise à peine digérée, Donald Trump n’avait cessé de vanter, des mois durant, la naissance d’un « mouvement » politique dont il était l’incarnation. L’un de ses stratèges, Stephen Bannon, en avait détaillé les contours dans une publication qui renvoyait à son passé dans les médias, The Hollywood Reporter. Le trumpisme, y expliquait-il, visait à ajouter les derniers cols-bleus démocrates aux différentes familles républicaines, par un interventionnisme économique agressif.

« Nous obtiendrons 60 % des votes blancs et 40 % des votes noirs et hispaniques », promettait-il. Une mutation républicaine qui devait permettre selon lui de « gouverner pendant cinquante ans ». Avec son emphase coutumière, Donald Trump avait évoqué ce projet dans son discours de prestation de serment, le 20 janvier 2017, en saluant « les dizaines de millions » d’Américains « venus pour faire partie d’un mouvement historique comme le monde n’en a jamais vu auparavant ».

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Au fil de l’exercice du pouvoir et des difficultés, les références à ce « mouvement politique entièrement nouveau » s’étaient espacées. Avec le départ de Stephen Bannon, limogé en août de la même année, puis la brève et vaine offensive qu’il avait lancée contre l’establishment républicain, Donald Trump avait remisé ce projet pour se replier sur la base homogène qui peuplait les meetings d’une campagne permanente. « J’ai un socle phénoménal. (…) Il est très loyal et je suis loyal avec lui », expliquait-il à l’été 2019.

Electoralement, ne devait-il pourtant pas chercher à l’élargir, surtout après les élections de mi-mandat qui avaient montré ses limites ? « Ma base est tellement forte, je ne suis pas certain de devoir le faire », répondait-il alors.

Additionner au lieu de soustraire

Les premiers résultats de l’élection présidentielle de 2020 ont montré à la fois la pertinence du projet de Stephen Bannon et le sens de l’anticipation, à l’instinct, du président.

Mercredi 4 novembre dans la soirée, Donald Trump avait déjà ajouté cinq millions de voix à son total de 2016, même si, dans le même temps, son adversaire Joe Biden en additionnait plus de six millions à celles recueillies par Hillary Clinton. Pour la seconde fois consécutive, le « mouvement » trumpiste a été incapable d’obtenir une victoire au niveau du vote populaire, mais il a fait la preuve d’une capacité d’attraction relative, vis-à-vis de minorités ethniques (Latinos et Noirs), et d’une résilience qui a surpris au Texas ou en Floride.

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