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Le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Perle incendié en juin sera finalement réparé à Cherbourg, le chantier durera six mois : telle est la décision annoncée jeudi 22 octobre par la ministre des armées Florence Parly sur Twitter. « Nous pouvons réparer la Perle, et nous allons la réparer. Je dis bien en premier lieu “nous pouvons” car le chemin qui s’ouvre devant nous est long et ardu. » « Naval Group réalisera le remplacement de l’avant du sous-marin endommagé par celui du SNA Saphir qui a quitté le service actif en 2019 », a, de son côté, précisé le constructeur naval militaire français.
Le SNA Perle a été gravement incendié le 13 juin. En service depuis 1993, il était au chantier, à Toulon, pour une rénovation complète qui devait permettre de prolonger sa vie opérationnelle dans la force océanique stratégique jusqu’à 2030 au moins. Le SNA, dont le réacteur nucléaire dédié à la propulsion avait été heureusement démonté auparavant, a été soumis durant quatorze heures à un brasier intense, « d’une violence inouïe » selon les mots de la ministre elle-même.
Trois foyers simultanés avaient été traités, notamment autour de la centrale de ventilation, au niveau d’un panneau d’ouverture de la coque situé à l’avant. Celle-ci a subi « ponctuellement » une température de « 600 °C » a précisé le ministère. Quelque 150 pompiers et marins ont lutté pied à pied dans un enfer de flammes, tandis que la coque était refroidie par de la mousse, une technique qui a pu elle aussi fragiliser la structure du navire.
Juste après l’incendie, les spécialistes consultés par le Monde estimaient que le SNA Perle risquait d’avoir subi des dommages trop importants sur sa coque épaisse pour naviguer de nouveau comme prévu d’ici à 2022. Des sous-mariniers évoquaient leur « deuil », se sentant « orphelins » du navire. « On ne va pas prendre le risque de replonger à 300 mètres avec un bateau qui a subi cela. Qui voudrait embarquer là-dedans ? », confiait un militaire, tandis que la marine confirmait que cette perte signifiait « un trou majeur dans [ses] capacités ».
Un coût de 70 millions d’euros
La France met en effet en œuvre une flotte de six SNA, effectif nécessaire pour en faire naviguer en permanence trois sous les mers. Aujourd’hui, en raison des maintenances et de l’incendie, elle ne dispose plus à la mer que de deux navires de la classe Rubis, mis à l’eau entre 1983 et 1993. Ce qui limite leur emploi à deux missions prioritaires : le soutien à la dissuasion nucléaire, avec la protection des sous-marins lanceurs d’engins lors de leurs allers et venues en patrouille depuis Brest ; et l’escorte du porte-avions Charles-de-Gaulle actuellement en Méditerranée. Des arbitrages difficiles incombent au chef d’état-major de la marine Pierre Vandier pour la continuation des autres missions : renseignement, surveillance des marines adverses, projection de forces spéciales. Or le regain de confrontation entre puissances en mer conduit à un fort emploi des SNA : ils avaient atteint un record cumulé de 1 000 jours de mer en 2016.
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