Le Royaume-Uni a plus à perdre que l’UE en cas de « no deal »

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Pas question, dans la dernière ligne droite, de montrer son inquiétude à la partie adverse. Des deux côtés de la Manche, on refuse de dramatiser, alors qu’il reste moins de trois mois à l’Union européenne et au Royaume-Uni pour s’entendre sur la nature de leur relation future à compter du 1er janvier 2021 et que les négociations patinent. Un « no deal », entend-on à Bruxelles comme à Londres, vaudrait mieux qu’un « mauvais accord ».

Chacun, donc, fait mine de garder son calme. Jeudi 15 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement européens évalueront la situation à l’occasion d’un conseil, « pour savoir si un accord leur semble encore possible », explique un diplomate. Ce même jour, affirme-t-on à Downing Street, Londres décidera de l’opportunité, ou non, de poursuivre les discussions avec ses futurs ex-partenaires.

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Pourtant, mardi 13 octobre, à l’issue d’une rencontre des vingt-sept ministres des affaires européennes, réunis à Luxembourg, le titulaire allemand du titre, Michael Roth, a jugé utile de sortir de cette posture et alerté aussi bien les Européens que les Britanniques du risque qu’ils encouraient. « Un scénario du “no deal” serait très douloureux pour les deux parties », a-t-il lancé, même si « nos amis britanniques » ont plus à perdre.

Droits de douane

C’est mathématique, un « no deal » pénaliserait plus le Royaume-Uni que l’Union européenne, puisqu’on parle d’un marché de 65 millions d’habitants contre un espace économique de 450 millions de consommateurs. Et que près de 50 % des exportations britanniques sont destinées au continent quand moins de 8 % des exportations des Vingt-Sept vont outre-Manche.

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Le gouvernement de sa Majesté lui-même prévoyait, en novembre 2018, que le produit intérieur brut britannique chuterait de 7,8 % d’ici à quinze ans si Londres et les Vingt-Sept ne trouvaient pas un terrain d’entente. Dans ce cas, leurs échanges commerciaux tomberaient sous le régime de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et seraient soumis à des droits de douane dont ils étaient jusqu’ici exonérés. En moyenne de 4 %, ceux-ci peuvent monter beaucoup plus haut pour certains biens, jusqu’à 10 % pour les voitures ou 40 % pour certains produits agroalimentaires…

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Un surcoût qui s’ajouterait à celui, dans certains cas encore plus élevé, qu’engendrera, quoi qu’il arrive, la mise en place de contrôles douaniers et réglementaires. Dans ce contexte, les entreprises britanniques verraient leurs exportations chuter. Dans le même temps, le prix des importations augmenterait pour les mêmes raisons, ce qui affecterait le pouvoir d’achat des ménages… Mais jusqu’ici, le premier ministre britannique Boris Johnson n’a pas semblé s’émouvoir de ce scénario : le 4 octobre, sur la BBC, il affirmait que le Royaume-Uni pourrait « très bien vivre » avec un « no deal ».

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