[ad_1]
« Dans les geôles de Sibérie », de Yoann Barbereau, Stock, 324 p., 20,90 €.
De l’histoire de Yoann Barbereau, on connaissait l’essentiel, quelques mots, quelques dates. L’accusation de pédophilie qui s’abat début 2015 sur la tête du directeur de l’Alliance française d’Irkoutsk, résultat d’un complot aussi redoutable que mal ficelé. Sa détention dans cette ville de Sibérie. Son improbable évasion en « Blablacar », les mois passés dans le secret de l’ambassade de France, à Moscou. L’évasion, à nouveau, la colère crachée à la face du monde une fois le pied posé sur le sol français…
Après ce retour, en 2017, les sollicitations n’ont pas manqué. Quel formidable récit d’aventures pouvait-on tirer de ces années d’errance, de bagarres, de négociations diplomatiques secrètes ! Mais il en fallait plus à Barbereau. Non seulement pour dire la peur, la rage, les doutes, les moments de grâce, mais aussi pour parler de lui-même. Que l’on se souvienne de lui non comme d’une victime, mais comme d’un héros – et, plus important encore, comme d’un écrivain.
Un ouvrage inclassable
Alors Yoann Barbereau s’est isolé à Douarnenez (Finistère), où les eaux froides de l’Atlantique rappellent les rives sauvages du lac Baïkal. Il a écrit, patiemment. De l’enchaînement implacable et terrifiant des faits, il a fait œuvre littéraire.
Le résultat est un ouvrage inclassable. Dans les geôles de Sibérie se lit bel et bien comme un roman d’aventures, angoissant et terrifiant, qui met en scène la prison, l’étouffement, une suite de pièges dont le héros ne se sort qu’en comptant sur lui-même.
Sa débrouillardise (à commencer par la façon dont il précipite les policiers russes sur une fausse piste mongole après avoir recouvert son bracelet électronique d’aluminium…) a même suscité maints froncements de sourcils : l’homme est-il vraiment ce qu’il prétend, un simple fonctionnaire jeté dans la gueule béante de la machine policière russe ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un agent en mission ? C’est oublier les miracles que peut accomplir une sérieuse rage de survivre, surtout lorsqu’elle a pour alliés Google et un peu de jugeote.
Yoann Barbereau a parfois été décrit comme un homme arrogant, trop fier de lui, et certains ont voulu y voir une explication de ses malheurs. Son livre n’est pas exempt de ces travers. Mais que l’on n’oublie pas l’exploit accompli, l’ingéniosité déployée pour s’en sortir. Ce à quoi Barbereau a réchappé, ce sont quinze ans de camp en Sibérie avec l’étiquette infamante du « pédophile », soit la peine qui lui sera attribuée après sa fuite.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
