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Tribune. Le président Emmanuel Macron a prévu de recevoir les 7 et 8 décembre le président de la République arabe d’Egypte, Abdel Fattah Al-Sissi. Les ministres Florence Parly et Bruno Le Maire feront de même.
En tant que rapporteur permanent de la commission des affaires étrangères sur l’Egypte au Parlement européen, député.e.s européen.ne.s, sénateurs et sénatrices, nous nous inquiétons fortement de la place qui est ainsi faite sur la scène nationale française à un régime qui pratique en toute impunité une répression intolérable contre ses opposants politiques, ses journalistes, ses avocats, ses manifestants, ses blogueurs, ses défenseurs des droits humains, ses associations…
Inquiétude
Le respect des droits humains doit être au cœur de nos relations avec le gouvernement d’Abdel Fattah Al-Sissi et ne peut être négociable. La France, comme l’Europe, a le devoir de porter cette priorité.
Inquiet de la situation des droits humains en Egypte, le Parlement européen a adopté le 24 octobre 2019 une résolution d’urgence (2019/2880/RSP) appelant les autorités égyptiennes au respect du droit international et des dispositions de la Constitution égyptienne, et à mettre fin aux violences infligées à son propre peuple.
Par cette résolution, la représentation européenne appelle aussi à ce que les Etats membres de l’Union respectent leurs engagements en « suspendant les licences d’exportation pour tout équipement susceptible d’être utilisé à des fins de répression intérieure », notamment les technologies de surveillance et autres équipements de sécurité pouvant faciliter la répression, y compris sur les réseaux sociaux.
Cette résolution du Parlement européen place le gouvernement français devant ses responsabilités. Ce dernier, qui a validé l’exportation de surveillance et de contrôle des foules et, en décembre 2018, au Caire, a coupé le ruban du premier Salon d’armement égyptien aux côtés d’Al-Sissi, ne peut réitérer de tels engagements.
Libération des prisonniers politiques
Profondément préoccupés par la situation en Egypte, en octobre, ce ne sont pas moins de 222 parlementaires européens, dont des député.e.s de la majorité gouvernementale, mais aussi 56 parlementaires américains, qui ont appelé de manière claire à la libération des prisonniers politiques, et signifié au président Al-Sissi que la détention de prisonniers d’opinion « contrevenait non seulement à nos intérêts communs mais aussi au fondement de nos relations ». Ce faisant, ces parlementaires ont signifié que des mesures pourraient être prises pour contraindre leurs gouvernements à cesser certaines coopérations avec l’Egypte.
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