Le rapport de l’OIAC sur les attaques chimiques en Syrie, nouvelle preuve de la duplicité de Damas

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Une enquête de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) pointe la responsabilité directe du régime syrien dans trois attaques au gaz sarin et au chlore, perpétrées en mars 2017 à Latamné, près d’Hama, dans le nord de la Syrie, qui ont fait une centaine de blessés.

Dans le rapport remis mercredi 8 avril à ses Etats membres, l’organisation internationale estime que « les opérations militaires de nature stratégique, telles que ces trois attaques, n’ont lieu que sur ordre des plus hauts niveaux des forces armées arabes syriennes ». Un premier rapport de l’OIAC sur ces événements, publié en 2018, avait documenté l’usage d’armes chimiques mais, conformément à son mandat, l’organisation s’était abstenue de pointer du doigt la moindre partie. Depuis juin 2018 et un vote en ce sens de ses Etats membres, l’OIAC dispose d’un pouvoir de désignation des responsables, confié à l’équipe d’identification et d’enquête.

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Le nouveau document n’incrimine pas explicitement le président Bachar Al-Assad, mais évoque l’implication des forces du Tigre, une unité d’élite de l’armée, et celle du chef d’état-major de l’armée syrienne, qui est placé sous les ordres du chef de l’Etat. « L’autorité du commandant en chef des forces armées, en tant que principal décideur exerçant pleinement ses pouvoirs de commandement sur les forces armées, a été confirmée à maintes reprises. »

Selon les enquêteurs, les trois attaques des 24, 25 et 30 mars 2017 ont été conduites par deux brigades de la 22e division de l’armée de l’air syrienne : la 50e brigade, qui a utilisé des Soukhoï 22 pour bombarder la population au gaz sarin ; et la 63e brigade héliportée, qui a largué des barils de chlore, notamment sur l’hôpital souterrain de Latamné. L’investigation a établi que la composition du sarin utilisé ces jours-là était caractéristique de celle utilisée par le programme chimique des autorités syriennes.

« Menace à la paix »

Ces attaques sont survenues alors que des milices rebelles syriennes, dont la formation islamiste radicale Jabhat Al-Nosra, une émanation d’Al-Qaida, progressaient dans les zones rurales du nord d’Hama. Trois jours avant l’attaque, explique le rapport, des hauts gradés de la garde républicaine, une unité d’élite, ont ordonné à des officiers, anciens membres de la branche 450, de préparer des armes destinées à défendre Hama. Avant d’être officiellement fermée en 2013, cette branche était responsable du mélange, du stockage et du remplissage des armes chimiques au sein du Centre d’études et de recherche scientifique syrien (CERS), auquel était assigné « un officier de liaison du palais présidentiel », selon les enquêteurs.

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