le rappeur espagnol qui avait attaqué les forces de l’ordre et la monarchie arrêté

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Le rappeur s’était barricadé lundi dans l’université de Lérida, en Catalogne, avec des dizaines de soutiens afin de tenter d’empêcher son arrestation.

La liberté d’expression d’un rappeur, et ses injures, face à la monarchie : l’affaire passionne les Espagnols, au point de les avoir fait descendre dans la rue et d’être devenue une véritable épine dans le pied du gouvernement. La police a arrêté, mardi 16 février au matin, dans le nord-est du pays, Pablo Hasel — de son vrai nom Pau Rivadulla —, un rappeur condamné à une peine de prison pour des tweets attaquant la monarchie et les forces de l’ordre.

Ce dernier s’était barricadé lundi dans l’université de Lérida, en Catalogne, avec des dizaines de soutiens afin de tenter d’empêcher une arrestation qui suscite la controverse dans le pays. « Nous sommes entrés dans l’université et avons entamé l’opération destinée à faire respecter la décision judiciaire » sur son arrestation, a déclaré un porte-parole de la police régionale catalane.

L’opération a été lancée à 6 h 30 par des agents des Mossos d’Esquadra qui ont sorti un à un les soutiens de Pablo Hasel enfermés avec lui dans l’université. « Il y a quelques barricades qui ont été préparées » pour empêcher l’accès de la police « mais aucun incident grave pour le moment » n’a eu lieu, a ajouté le porte-parole de la force de police autonome de Catalogne.

Soutien de Pedro Almodovar et Javier Bardem

Ce rappeur avait jusqu’à vendredi soir pour se rendre volontairement en prison et y purger sa peine de neuf mois pour des tweets dans lesquels il qualifiait notamment les forces de l’ordre espagnoles de « mercenaires de merde », les accusait de torture et d’assassinats et s’en prenait également à la monarchie.

« Ils devront venir m’enlever et cela servira aussi à dépeindre l’Etat sous son vrai visage, celui d’une fausse démocratie », avait-il déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) au téléphone, vendredi.

Plusieurs manifestations, parfois tendues, en soutien au rappeur ont eu lieu ces dernières semaines à Madrid et Barcelone, et plus de 200 personnalités du monde culturel hispanophone, dont le réalisateur Pedro Almodovar et l’acteur Javier Bardem, ont signé une tribune en sa faveur.

L’affaire embarrasse le gouvernement de gauche et surtout sa principale composante, le Parti socialiste. Sur la défensive, l’exécutif a promis lundi dernier « une réforme » pour que les « excès verbaux commis dans le cadre de manifestations artistiques, culturelles ou intellectuelles » ne relèvent pas du droit pénal et ne se traduisent plus par des peines de prison.

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Le Monde avec AFP

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