le Québec face aux limites du tourisme local

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Sur le belvédère habituellement très fréquenté des touristes, au Mont-Royal, à Montréal, le 29 juillet.

LETTRE DE MONTRÉAL

Sur les pages Facebook ou les comptes Instagram des Québécois cet été, aucune photo de plages américaines du Maine, de la tour Eiffel ou de la chapelle Sixtine. Mais des commentaires néanmoins enthousiastes de leurs escapades estivales : « Avons découvert un endroit magnifique ! Gros becs [baisers] de Tadoussac, Baie Saint-Paul ou Natashquan. »

Comme partout ailleurs dans le monde, le Covid-19 et la fermeture des frontières ont contraint les Québécois à partir à la découverte de leur propre territoire.

Karl Blackburn, président du Conseil du patronat du Québec se dit soulagé : « Le tourisme local a sauvé la saison estivale au pays. » Avec une superficie approchant 1,6 million de kilomètres carrés, la province canadienne a des atouts non négligeables. Forêts, rivières, parcs, fleuve, montagnes, plages : les habitants ont déserté leur ville ou village d’origine où ils avaient été confinés plus de deux mois, pour se ruer sur les chalets en pleine nature (tous réservés dès l’annonce du déconfinement) et emprunter routes et chemins parfois ignorés.

Dix-neuf heures de route

Certains ont poussé jusqu’à la côte Nord du Québec, avec pour destination finale le petit village de Kegaska, 130 habitants. Des centaines de touristes se sont fait prendre en photo devant le panneau qui y annonce la fin de la route 138.

D’autres ont bravé les consignes sanitaires ultra-restrictives du gouvernement, pour atteindre les Iles de la Madeleine, cet archipel du bout du bout du Québec : aucun arrêt autorisé pour les automobilistes en traversant le Nouveau-Brunswick ou la Nouvelle-Ecosse, sauf pour acheter de la nourriture ou prendre de l’essence. Rien dans l’arrêté gouvernemental ne mentionnait les pauses pipi pour survivre aux dix-neuf heures de route nécessaires depuis Montréal. Mais à l’arrivée, des falaises couleur ocre, des kilomètres de sable blanc, des fruits de mer et l’accueil légendaire des Madelinots.

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D’autres encore se sont contentés de valeurs sûres, qu’ils n’avaient parfois jamais pris le temps d’explorer : la réouverture du casino dans le massif de Charlevoix a convaincu bien des parents que les jeux d’été n’étaient pas réservés qu’aux enfants.

A Tadoussac, havre des bélugas et des baleines situé au carrefour du Saint-Laurent et du fjord du Saguenay, où les touristes Français représentent en temps normal près de 70 % de la clientèle des hôtels, les Québécois ont découvert à leur tour les joies de l’observation en zodiac des mammifères marins.

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