le processus de paix suspendu à une trêve armée de sept jours

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Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo (deuxième en partant de la gauche), et le président afghan, Ashraf Ghani (à côté du drapeau)  à Munich (Allemagne), lors de la Conférence sur la sécurité, le 14 février.
Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo (deuxième en partant de la gauche), et le président afghan, Ashraf Ghani (à côté du drapeau)  à Munich (Allemagne), lors de la Conférence sur la sécurité, le 14 février. POOL / REUTERS

Pour les Américains comme pour les ennemis talibans afghans, la paix n’existe pas, il n’y a que des preuves de paix. C’est pourquoi ils ont préféré commencer par une trêve armée de sept jours qui a débuté, vendredi 21 février, sur tout le territoire afghan, et suscite un vif espoir dans le pays et dans le monde entier. Elle doit permettre d’évaluer le sérieux de chacune des deux délégations à respecter ses engagements et mettre fin à dix-huit ans de guerre. C’est le premier acte concret obtenu depuis l’ouverture, à l’été 2018, d’une négociation de paix exclusive entre les Etats-Unis et le principal mouvement insurgé afghan. Si aucun incident majeur ne vient troubler le silence des armes pendant sept jours, les deux parties ont convenu de se retrouver à Doha, au Qatar, pour signer un accord de paix en bonne et due forme.

« Une fois la baisse des violences mise en œuvre avec succès, la signature de l’accord entre les Etats-Unis et les talibans devrait aller de l’avant », a confirmé, vendredi, Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, ajoutant : « Nous nous préparons à ce que la signature ait lieu le 29 février. » Il a précisé que les négociations entre responsables américains et représentants talibans visaient à favoriser un règlement politique en Afghanistan afin de réduire la présence de troupes américaines dans la région.

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Le même jour, les talibans ont également communiqué : « Après de longues négociations, les deux parties ont convenu de signer l’accord finalisé en présence d’observateurs internationaux le 29 février. » Avant cette date, poursuit le texte des insurgés, les deux camps s’attacheront à « créer une situation sécuritaire adéquate ». Jeudi, le chef militaire des talibans, Sirajuddin Haqqani, considéré comme le véritable dirigeant du mouvement, avait assuré dans une tribune publiée par le New York Times : « Nous sommes sur le point de signer un accord avec les Etats-Unis et nous sommes pleinement engagés à en appliquer toutes les dispositions, dans la lettre et l’esprit. »

Prudence dans la formulation

Le troisième acteur majeur de l’avenir de ce pays est le régime de Kaboul. Les négociations interafghanes incluant le gouvernement ne débuteront qu’une dizaine de jours après la signature de l’accord entre Américains et talibans. Le président Ashraf Ghani, réélu mardi, avait entériné ce calendrier et le processus décidés à Doha lors d’une rencontre, le 14 février, à Munich, avec Mike Pompeo lors de la Conférence sur la sécurité. Le chef de la délégation américaine chargée de négocier avec les talibans afghans, Zalmay Khalilzad, et le commandant américain des forces de l’OTAN en Afghanistan, Scott Miller, assistaient également à cet entretien. Vendredi, M. Ghani a néanmoins averti que « les forces de sécurité afghanes resteront en état de défense active pendant la semaine ».

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