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Le parti au pouvoir a proposé le controversé ministre de l’intérieur comme successeur de Mamuka Bakhtadze, au risque d’accentuer les tensions politiques dans ce pays du Caucase.
La Géorgie attend la nomination d’un nouveau premier ministre après la démission surprise, lundi 2 septembre, de Mamuka Bakhtadze, qui dit avoir « rempli sa mission » à la tête du gouvernement. Ce pays du Caucase a été secoué au début de l’été par un mouvement de protestation contre le pouvoir jugé trop proche de la Russie.
En poste depuis juin 2018, M. Bakhtadze, 37 ans, a expliqué lors d’une conférence de presse que sa mission avait été de « créer un cadre stratégique pour le développement du pays ». « J’ai pris la décision de démissionner, car je pense avoir à ce stade accompli ma mission », a-t-il ajouté, assurant n’avoir « aucune intention de rester dans la politique active ».
Il a également remercié « pour sa confiance » le très influent milliardaire Bidzina Ivanichvili, le chef du Rêve géorgien, le parti au pouvoir, considéré comme le véritable homme fort de cette ancienne république soviétique.
En vertu de la Constitution géorgienne, cette démission entraîne celle de l’ensemble du gouvernement. Les députés ont ensuite sept jours pour choisir un candidat au poste de premier ministre, accepté ou refusé par la chef de l’Etat, la présidente Salomé Zourabichvili.
Mouvement de contestation du pouvoir
Le successeur de Mamuka Bakhtadze pourrait être le puissant et controversé ministre de l’intérieur, Guiorgui Gakharia. Sa candidature a été annoncée à la télévision mardi par Bidzina Ivanichvili, au risque d’accentuer les tensions politiques dans le pays. Sa nomination, qui doit être validée par un Parlement largement dominé par le Rêve géorgien, ne devrait être qu’une formalité. Elle devra également être acceptée par Mme Salomé Zourabichvili.
A la fin de juin, Guiorgui Gakharia s’était retrouvé au cœur d’un mouvement de contestation du pouvoir, des dizaines de milliers de manifestants exigeant alors sa démission après la violente dispersion d’un rassemblement devant le Parlement.
Ces actions de protestation avaient débuté à la suite de la prise de parole d’un député russe au Parlement à Tbilissi, suscitant un vif émoi dans un pays dont les relations avec la Russie sont très tendues depuis le bref conflit qui les a opposés en 2008. En réaction à ces manifestations, Moscou a suspendu les vols directs entre la Russie et la Géorgie.
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