Le poète et essayiste tchèque Petr Kral est mort

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Petr Kral, le 17 janvier 2017.

Poète, essayiste et critique littéraire, Petr Kral, qui est mort le 17 juin, à Prague, à l’âge de 78 ans, était un de ces écrivains qui s’exprimait avec la même aisance en tchèque et en français. Il n’avait jamais rien sacrifié à sa liberté, ce qui lui valut une existence souvent difficile et des amitiés aussi profondes qu’exclusives.

Installé à Paris en 1968 aussi bien à cause de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie que « pour échapper à l’histoire », Petr Kral y apporta avec lui l’héritage du surréalisme, qui avait connu sa seconde vie pendant le « printemps de Prague ». Ses recueils de poésie et ses essais publiés tantôt en tchèque, tantôt en français, inspirés parfois les uns par les autres, constituent dans leur ensemble un poème écrit à l’infini.

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Aussi bien dans sa vie que dans son œuvre, Petr Kral a été particulièrement sensible au concret, aux sensations immédiates, qui lui servaient de tremplin vers des analogies avec son univers intérieur et lui permettaient ainsi de révéler « les mystères du réel ». Sa culture était étendue mais sélective : le cinéma, la peinture, la poésie, la photographie. De la musique, il privilégiait le jazz de l’entre-deux-guerres, et de la nature il n’aimait que la ville.

Les banlieues à première vue sans le moindre intérêt étaient ses paysages de prédilection, il s’émerveillait devant leur banale étrangeté. S’il n’était pas facile de le contrarier lorsqu’il défendait ses goûts esthétiques ou gastronomiques, il cultivait avec la même persévérance et fidélité la nostalgie de l’entre-deux-guerres, époque avec laquelle il s’identifiait et dans laquelle il aurait certainement aimé vivre.

Des voyages, des amitiés et de leurs ruptures

Né à Prague le 4 septembre 1941 dans une famille de médecins, il étudia l’écriture cinématographique à la Haute Ecole des arts (FAMU). Parmi ses aînés étaient les cinéastes de la Nouvelle Vague tchèque, et parmi ses professeurs, Milan Kundera. Au début des années 1960, il se rapprocha des jeunes surréalistes qui, grâce au dégel précédant le « printemps de Prague« , pouvaient exprimer leur « différence » par rapport à la culture et à la vie enfermées dans le monolithe idéologique du communisme.

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A Paris, il exerce diverses professions pour survivre, mais il se nourrit surtout des voyages, des amitiés et de leurs ruptures, de quelques cours ou conférences et de ses publications, qui jalonneront dorénavant sa vie. Après les premiers essais sur la peinture (Christian Bouillé, Kerckerinck, 1979), ses recueils de poésie paraissent coup sur coup : & Cie (Collection inactualité de l’orage, 1979), Routes du Paradis (Bordas, 1981), Pour une Europe bleue (Arcane 17, 1985), Témoin des crépuscules (Champ Vallon, 1989), Le Droit au gris (Le Cri, In’hui, 1995), parmi d’autres. Suivent deux volumes sur Le Burlesque dans le cinéma (Stock, 1983, 1986), Anthologie de la poésie tchèque contemporaine (Gallimard, 2002), des essais sur l’art et la photographie qui constituent le prolongement de sa poétique propre, de son écriture personnelle et de sa façon de s’approprier le vécu.

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