« Le plan de paix de Donald Trump est un coup de force contre le droit international »

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Tribune. Si le plan Trump était mis en œuvre, il marquerait un tournant majeur dans l’histoire du conflit israélo-palestinien. Ce plan qui est de fait un plan « Netanyahou-Trump » liquiderait en effet la solution que la communauté internationale prône depuis des décennies, la solution des deux Etats. Unilatéral, il offre à Israël la possibilité d’annexer une grande partie de la Cisjordanie, ne laissant aux Palestiniens que la vague perspective d’obtenir des « bantoustans  » discontinus. Un « Etat » qui n’en serait pas un puisque dépourvu de continuité territoriale, de maîtrise de ses frontières et de souveraineté !

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Le plan prévoit l’annexion, outre Jérusalem-Est, de la vallée du Jourdain et des colonies israéliennes de Cisjordanie, y compris les implantations isolées et les « avant-postes » que même le droit israélien considère comme illégaux. Cette extension de la souveraineté israélienne pourrait entrer en vigueur « sans attendre », a précisé l’ambassadeur américain à Jérusalem, David Friedman. Ce plan envisage même de mettre en œuvre la vieille proposition raciste d’Avigdor Liberman visant à transférer à cet hypothétique « Etat » palestinien le territoire israélien de la région d’Umm al-Fahm (le «Triangle»), parce qu’il est peuplé en grande majorité de citoyens palestiniens d’Israël (plusieurs centaines de milliers).

Bref, le président américain prétend octroyer, selon son bon vouloir, comme au temps de la colonisation, des territoires sur lesquels il n’a évidemment aucun droit, pour satisfaire les revendications de la droite nationaliste, avec pour conséquence l’institutionnalisation d’un système d’apartheid aux implications dévastatrices. On se croirait revenu à la déclaration Balfour dont Arthur Koestler disait : « Une nation a solennellement promis à une seconde le territoire d’une troisième. »

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Généreux envers Israël, le plan  Netanyahou-Trump  se montre plus que pingre envers les Palestiniens. Il leur promet un « Etat » sur moins de la moitié de la Cisjordanie, amputée notamment de la vallée du Jourdain, riche d’un fort potentiel de développement, et sur la bande de Gaza augmentée d’un peu du désert du Néguev, avec entre les deux… un train à grande vitesse. Sa continuité serait assurée par « un réseau innovant de ponts et de tunnels ». Sa frontière occidentale serait grosso modo définie par le tracé du mur/barrière de séparation construit depuis 2002. Sa « capitale » se trouverait dans la banlieue de Jérusalem-Est, à l’extérieur du Mur, mais il n’exercerait aucune souveraineté sur les lieux saints musulmans et chrétiens de la Vieille Ville, où les Israéliens auraient désormais le droit d’aller prier. Ce qui est une remise en cause du statu quo qui y prévaut depuis 1967; absolument inacceptable, en particulier pour la Jordanie.

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