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Gotabaya Rajapaksa, ancien secrétaire à la défense qui écrasa dans un bain de sang la guérilla tamoule lorsque son aîné était chef de l’Etat, a remporté le scrutin avec 52,25 % des suffrages, devançant largement son rival Sajith Premadasa (41,99 %).
Sept mois après les attentats de Pâques, le Sri Lanka a fait le choix du sécuritaire et rappelé au pouvoir le clan Rajapaksa, en élisant à la présidence lors du scrutin de samedi 16 novembre l’un des frères, Gotabaya, ancien secrétaire à la défense qui écrasa dans un bain de sang la guérilla tamoule lorsque son aîné, Mahinda, était chef de l’Etat (2005-2015). Selon la commission électorale, il a recueilli 52,25 % des suffrages, devançant largement son rival Sajith Premadasa (41,99 %). M. Premadasa avait reconnu sa défaite un peu plus tôt dimanche.
« C’est une victoire pour la nation, a déclaré au Monde son porte-parole, Keheliya Rambukwella. Ils ont tenu leurs promesses lorsqu’ils étaient au pouvoir, en mettant un terme à la guerre civile. Le public n’oublie pas ça. »
Le gouvernement sortant accusé d’incompétence
Les attaques contre trois églises et trois hôtels de luxe le dimanche 21 avril ont fait 269 morts et été revendiquées par l’organisation Etat islamique. Elles ont mis à terre le secteur du tourisme qui était une source d’emplois et de revenus en pleine expansion, grâce à une décennie de paix. Depuis, le gouvernement sortant était accusé de grave incompétence, pour être resté sourd aux mises en garde tant de la communauté musulmane locale que des services de renseignements indiens sur le discours de violence porté par celui qui mena ensuite la cellule djihadiste.
Le président sortant, Maithripala Sirisena, ne s’est pas représenté. Sur 35 candidats, le seul challenger de poids, Sajith Premadasa, était issu du parti jusqu’alors au pouvoir mais a tenté au maximum de se distinguer de son passif en campagne. Fils d’un président assassiné en 1993 lors d’un attentat suicide des Tigres tamouls, il avait annoncé, pour jouer lui aussi la carte des peurs, qu’il nommerait à la tête de l’appareil sécuritaire le général qui a mené l’offensive finale dans le nord du pays en 2009. Il a par ailleurs su s’attirer le vote des principales minorités, tamoule et musulmane, inquiètes de la montée d’un bouddhisme politique, nationaliste, les prenant pour cibles, que les Rajapaksa ont laissé émerger car il est en retour source de soutien de leur base électorale, la majorité cinghalaise.
Cela n’a pas suffi. « Il y a eu un désir de leadership et ça a renforcé la candidature Rajapaksa, annoncée quelques jours seulement après les attaques », explique Paikiasothy Saravanamuttu, fondateur du Centre pour des alternatives politiques, un think tank de Colombo.
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