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Louis DeJoy, le patron de la poste américaine (l’United States Postal Service, USPS), a contesté vendredi 21 août les accusations de sabotage de ce service public. L’opposition démocrate lui reproche en effet de mener des réformes au profit de Donald Trump – le président crie à la fraude en cas de vote généralisé par correspondance pour l’élection présidentielle.
Ces accusations sont « scandaleuses », a estimé M. DeJoy, interrogé par la commission de la sécurité intérieure du Sénat. « Je veux assurer à ce comité et au public américain que le service postal est pleinement capable et engagé pour livrer le courrier électoral du pays en toute sécurité et à temps », a-t-il souligné. M. DeJoy a affirmé que les suppressions de boîtes aux lettres dans les rues étaient prévues avant même son arrivée, en mai.
Il a également nié que le traitement du courrier ait ralenti, assurant que les changements qu’il avait mis en place pourraient permettre d’économiser jusqu’à 1 milliard de dollars et d’améliorer les délais de livraison. M. DeJoy, qui dirige l’USPS depuis le printemps, est un proche de M. Trump. Ancien responsable d’entreprises de logistique en Caroline du Nord, il a donné 1,2 million de dollars à la campagne du président républicain et près de 1,3 million au Grand Old Party depuis 2016, selon le New York Times.
Des bulletins de vote pas acheminés à temps ?
Il mène depuis son arrivée des réformes censées redresser la trajectoire financière de ce service public très apprécié des Américains mais lourdement déficitaire. Cela a eu pour effet de ralentir le courrier, avait expliqué un responsable syndical à l’Agence France-Presse (AFP). Or, le vote par correspondance doit être largement utilisé pour l’élection présidentielle du 3 novembre, afin de réduire les risques liés au Covid-19.
L’USPS avait ainsi prévenu qu’elle ne pouvait garantir que tous les bulletins de vote envoyés par courrier arriveraient à temps. Ceux-ci ne pourraient alors pas être pris en compte. L’opposition démocrate y voit la main de M. Trump, candidat à sa réélection, pour empêcher le vote par correspondance, qu’il soupçonne d’être favorable à son adversaire démocrate, Joe Biden.
Face aux critiques, M. DeJoy avait annoncé mardi que les réformes seraient suspendues jusqu’à la présidentielle. Mais, pour les démocrates, ces mesures ne vont pas assez loin. La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a rappelé les élus (qui étaient en trêve estivale) et une aide pourrait être votée samedi. Ils entendront à leur tour M. DeJoy lundi.
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