le Parti démocrate en proie aux doutes malgré la victoire de Joe Biden

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La représentante démocrate de Virginie Abigail Spanberger lors d’un meeting à Richmond, le 31 octobre.

L’heure est aux doutes dans le camp démocrate. Certes, Joe Biden a battu Donald Trump le 3 novembre et un miracle électoral pourrait encore lui offrir sur le fil la plus courte des majorités au Sénat à l’issue des deux élections qui font l’objet d’un second tour en Géorgie, le 5 janvier. Mais les rêves d’un raz-de-marée de bulletins de vote qui aurait réduit le mandat du président sortant à une parenthèse se sont brutalement dissipés dès le soir de l’élection. Et un bon nombre de certitudes du Parti démocrate ont été balayées après les pertes essuyées dans les élections pour la Chambre des représentants.

Les démocrates espéraient y augmenter leur majorité, elle a été au contraire divisée par deux et elle sera à défendre dès les élections de mi-mandat qui se tiendront en 2022. Ces dernières sont traditionnellement délicates pour le parti d’un nouveau président, les déroutes cuisantes de 1994 et de 2010 sont là pour le rappeler.

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Les revers essuyés à la Chambre ont laissé des traces, même si la direction démocrate devrait y rester inchangée avec Nancy Pelosi au poste de speaker, Steny Hoyer comme chef de la majorité et Jim Clyburn comme adjoint, trois octogénaires.

Le 5 novembre, deux jours après l’élection, la représentante de Virginie Abigail Spanberger, réélue de justesse, a ouvert les hostilités au cours d’une conférence téléphonique. Ancienne de la CIA, sa victoire en 2018 dans un bastion républicain avait illustré la capacité des démocrates à attirer les électeurs et les électrices des zones périurbaines. Cette modérée a estimé que de nombreux candidats avaient payé le prix de la complaisance de certains démocrates vis-à-vis du slogan « defund the police » martelé lors de manifestations contre les violences policières. Ce slogan a été instrumentalisé avec efficacité par le Parti républicain contre les démocrates qui, pourtant, ne l’avaient pas repris à leur compte. La défaite du sortant Max Rose, dans le Rhode Island, ou l’échec de Cameron Webb en Virginie s’expliquent principalement par cet usage dévastateur.

Les modérés face à l’aile gauche

Abigail Spanberger a également mis en cause une autre faiblesse sémantique au cours du même appel téléphonique. « Nous ne devons plus jamais utiliser les mots “socialiste” ou “socialisme”. Parce que les gens pensent que cela n’a pas d’importance, mais ça compte. Et nous avons perdu de bons membres [de la Chambre] à cause de cela », a-t-elle assuré.

Dans un entretien au New York Times, Conor Lamb, élu dans une circonscription disputée de Pennsylvanie, a ajouté le mot d’ordre de l’interdiction de la fracturation hydraulique défendue par l’aile gauche, auquel Joe Biden s’est pourtant opposé. « Ces choses ne sont pas seulement impopulaires, elles sont complètement irréalistes et elles n’arriveront pas. Et cela équivaut à de fausses promesses de la part des personnes qui les réclament », a-t-il assuré.

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