[ad_1]
Une commission parlementaire créée par le PiS cherche à détailler les pertes liées aux années d’occupation, quatre-vingts ans après l’invasion du pays par les nazis.
Article réservé aux abonnés
Combien coûte aujourd’hui à la Pologne la mort de 6 millions ses citoyens – dont trois millions de juifs – des mains de l’occupant allemand pendant la seconde guerre mondiale ? Aussi surprenante et brutale que puisse paraître cette question en 2019, elle est prise très au sérieux par le groupe parlementaire pour l’estimation des indemnisations de guerre dues par l’Allemagne à la Pologne, qui officie au Sejm, la chambre basse du Parlement polonais, depuis deux ans.
Le sujet des réparations de guerre a fait son retour en force dans le débat public polonais, alors que les délégations de quarante pays ont commémoré, dimanche 1er septembre à Varsovie, le 80e anniversaire de l’invasion du pays par les armées d’Hitler. Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a profité des cérémonies pour demander pardon aux victimes de l’invasion allemande en 1939.
« Le coût pour l’économie d’une vie humaine n’est, en fin de compte, pas si difficile à estimer », assure le député Arkadiusz Mularczyk, initiateur et président du groupe parlementaire, dont la vingtaine de membres appartient toute à la majorité ultraconservatrice du parti Droit et justice (PiS). Cet avocat de 48 ans évoque la question avec une sérénité troublante : « Vous prenez l’espérance de vie moyenne de l’époque, vous estimez combien une personne pouvait gagner, payer d’impôts, et contribuer au PIB. »
Comme base de travail, les parlementaires s’appuient sur un rapport achevé en 1947 par les autorités communistes. Selon M. Mularczyk, après revalorisation monétaire et prise en compte de l’inflation, les pertes de guerre pour l’Etat polonais s’élevaient d’après ce rapport à 850 milliards de dollars. Une somme abyssale – plus de deux fois le budget annuel de l’Etat fédéral allemand. Sur cette base, les députés s’efforcent de détailler les pertes matérielles, territoriales, les destructions (dont celle de la capitale, Varsovie) ainsi que les « coûts de l’occupation » : le pillage par les nazis des biens publics et privés, des actifs bancaires, des bons au trésor, des œuvres d’art et autres biens culturels.
« La plus élémentaire des justices historiques »
Pour le député, « la Pologne et ses citoyens ressentent encore aujourd’hui les conséquences négatives de cette époque. Le retard économique pris à cause de l’occupation soviétique, conséquence de la guerre, est aussi une perte inestimable ». La question des réparations relève donc, selon lui, de « la plus élémentaire des justices historiques ». Un sentiment d’injustice qui semble être partagé par une majorité de Polonais, et pleinement instrumentalisé par le pouvoir ultraconservateur depuis son retour au pouvoir en 2015. Ce dernier en a fait un des piliers de sa politique historique, ravivé à six semaines des élections législatives.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
