Le Parlement européen de Strasbourg, victime collatérale du coronavirus

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Devant le Parlement européen de Strasbourg, le 6 octobre.

La moquette à fleurs saute aux yeux, maintenant que les tables et les chaises de la cafétéria ont disparu. Les escaliers mécaniques restent figés. Dans l’immense hémicycle désert, quelques casques encore allumés grésillent tout seuls.

« Au moment où l’Europe est à la recherche d’un nouveau rebond, il faut défendre la démocratie européenne, Strasbourg a une mission ! » Seule parmi les ombres – sur 260 employés permanents, 80 % sont en télétravail –, l’eurodéputée française Fabienne Keller (La République en marche, LRM) arpente un vaisseau fantôme.

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La nouvelle session plénière qui devait s’achever vendredi 23 octobre, à distance, n’a pas redonné vie au Parlement européen de Strasbourg, à l’arrêt depuis déjà huit mois. Huit mois pendant lesquels, la « capitale européenne », comme la métropole du Bas-Rhin aime se dépeindre, n’a plus assisté au charivari habituel : l’arrivée de quelque 705 élus et de 2 500 assistants, collaborateurs et fonctionnaires des vingt-sept pays de l’Union (UE). Une transhumance habituelle jusqu’ici, le Parlement européen fonctionnant sur deux sites principaux, Bruxelles et Strasbourg, sans compter un autre, plus restreint, au Luxembourg.

A Strasbourg, le coronavirus n’est pas seul responsable de la morosité ambiante. Les pro-Bruxelles – environ 80 % des eurodéputés –, partisans d’un siège unique du Parlement en Belgique, sont revenus à la charge contre la capitale alsacienne, trop éloignée de la Commission et du Conseil, disent-ils, trop pénible d’accès, trop dispendieuse.

Nouvelle annulation

La querelle n’est pas nouvelle, mais la pandémie de Covid-19 a fourni de nouveaux arguments. « Les restrictions actuelles sont telles qu’il y a une quarantaine obligatoire au retour de Strasbourg (…). Et mettre en danger la santé des chauffeurs, des agents de nettoyage, des assistants et de tous les autres membres du personnel du Parlement européen pour ce déménagement mensuel est inutile », souligne l’eurodéputée néerlandaise (sociale démocrate S&D) Agnes Jongerius.

Certes, le site de Strasbourg est protégé par les traités qui prévoient l’organisation de douze sessions d’au moins quatre jours sur place par an. Il faudrait l’unanimité des Etats pour modifier quoi que ce soit. Mais, après le confinement du printemps et les congés d’été, aucune session ne s’est tenue en septembre. Furieux, Emmanuel Macron avait alors écrit le 23 septembre à l’Italien David Sassoli, le président social-démocrate du Parlement européen, pour s’en plaindre.

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