Le « Parlement du peuple » britannique fait sa rentrée à Westminster

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Le premier ministre britannique, Boris Johnson (à droite), pose avec un nouveau député conservateur, le 16 décembre à Westminster.
Le premier ministre britannique, Boris Johnson (à droite), pose avec un nouveau député conservateur, le 16 décembre à Westminster. LEON NEAL / AFP

L’évènement avait un petit côté rentrée des classes : la Chambre des communes issue des élections du 12 décembre siégeait pour la première fois, mardi 17 décembre. Beaucoup de bruit, pas mal de têtes connues (Theresa May, Ed Miliband, David Davis), mais aussi de nombreux nouveaux un peu perdus mais manifestement aux anges d’éprouver pour la première fois la raideur des fameuses banquettes vertes de la salle des débats. Pas moins de 140 nouveaux élus ont fait leurs premiers pas à Westminster, dont 109 rien que pour le camp conservateur, suite à la victoire sans appel de Boris Johnson.

La séance avait surtout valeur de symbole : les élus ont prêté serment les uns après les autres « à la Reine, à ses héritiers à ses successeurs », une tradition multiséculaire à laquelle tous doivent sacrifier s’ils veulent pouvoir siéger, prendre part aux débats, et recevoir leurs émoluments. Le nouveau « speaker » de la chambre, Lindsay Hoyle, a par ailleurs été confirmé à l’unanimité à ce poste stratégique, prenant la succession de John Bercow. L’occasion d’installer, brièvement, son style : plus discret et bien moins tonitruant que celui de son fameux prédécesseur.

Puis, dans un discours plein d’entrain, Boris Johnson a salué ce « Parlement du peuple » avec lequel il allait avoir à travailler cinq longues années. « Je ne voudrais pas manquer de respect pour ceux qui ne sont plus parmi nous [les députés non réélus], mais je pense que ce Parlement représente une très forte amélioration par rapport au précédent », a lancé le premier ministre.

« C’est un des meilleurs Parlements que notre pays ait connu, avec plus de femmes, plus de Noirs et de représentants des minorités ethnique, et c’est aussi un Parlement bien plus démocratique. Parce qu’il ne gaspillera pas le temps du pays, en impasses, en divisions et en reports incessants. »

Une référence, évidemment, à la précédente Chambre, incapable de faire émerger une majorité pour – ou contre – le Brexit, et particulièrement remontée contre un premier ministre qui a tenté, à l’automne, de la suspendre pour négocier les mains plus libres avec Bruxelles. Boris Johnson a confirmé, sans entrer dans les détails, l’agenda gouvernemental : « je me demande si vous devinez, Monsieur le Speaker, ce que vont faire les députés en premier… », a t-il conclu, en apostrophant Lindsay Hoyle. « lls vont réaliser le Brexit ! » (« Get Brexit done ! »), ont terminé en cœur, dans son dos, des centaines d’élus conservateurs hilares. Le « Withdrawal Agreement Bill », le texte inscrivant le traité de divorce avec l’Union européenne dans la loi britannique devrait être examiné, et même peut-être voté en deuxième lecture dès vendredi 20 décembre, juste avant la trêve de la fin d’année.

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