Le pari électoral de Boris Johnson pour mener le Brexit

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Boris Johnson en campagne à Uttoxeter (Royaume-Uni), le 10 décembre.
Boris Johnson en campagne à Uttoxeter (Royaume-Uni), le 10 décembre. BEN STANSALL / AFP

La campagne électorale en vue de renouveler la Chambre des communes britannique, jeudi 12 décembre, promettait d’être pleine de surprises et de chausse-trapes, en particulier pour le premier ministre sortant, Boris Johnson, responsable politique haut en couleur et souvent gaffeur, en quête d’une majorité absolue. Mais la lassitude s’est installée, les conservateurs comme les travaillistes ressassant très vite les mêmes arguments. L’opinion semble d’autant plus difficile à mobiliser que le pays en est à sa troisième élection générale en quatre ans. Pourtant, le scrutin est crucial et le choix des Britanniques particulièrement épineux.

Si M. Johnson et son camp décrochent plus de 326 sièges (la majorité à Westminster), le Brexit aura très certainement lieu le 31 janvier 2020 et les remainers, qui font de la résistance depuis mi-2016, auront définitivement perdu. Si M. Johnson perd son pari, le pays s’embarque pour des mois supplémentaires d’incertitudes.

Personne ne croit sérieusement à une victoire de Jeremy Corbyn, mais beaucoup envisagent l’hypothèse d’un nouveau hung Parliament – un Parlement sans majorité –, avec un gouvernement minoritaire, conservateur ou travailliste. Et peut-être un deuxième référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne (UE).

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Les brexiters ne devraient pas trop hésiter pour voter le 12 décembre. En revanche, les remainers feront face à un dilemme autrement plus délicat. Que décideront ceux que rebutent le programme et la personnalité de M. Corbyn : voteront-ils pour les démocrates libéraux (LibDem), au risque de disperser le vote « Remain » et de permettre la victoire d’un tory ? Préféreront-ils voter tactiquement pour M. Corbyn, dans l’espoir d’éviter le Brexit, mais avec la perspective d’aboutir à un hung Parliament paralysant ?

Le sabordage du Parti du Brexit

Ces trois dernières semaines, les sondages ont donné une avance d’environ 10 points aux conservateurs (à 43 % d’intentions de vote) sur les travaillistes. Suffisamment pour s’assurer une confortable majorité. Mais, publiée mercredi 11 décembre dans le Times, une enquête YouGov fondée sur un échantillon bien plus important que d’ordinaire (100 000 personnes) ne prédisait plus qu’une majorité de 28 sièges à M. Johnson.

Le mode de scrutin, uninominal majoritaire à un tour – le candidat ayant remporté le plus de suffrages dans sa circonscription l’emporte –, rend les projections nationales compliquées. En 2017, quasiment personne n’avait anticipé l’échec de Theresa May, qui a perdu sa majorité à dix sièges près.

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