le nombre élevé de morts inquiète la Belgique

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Dans une maison de retraite, les employés de la morgue transportent le corps d’une personne morte du Covid-19, à Bruxelles,  le 14 avril.
Dans une maison de retraite, les employés de la morgue transportent le corps d’une personne morte du Covid-19, à Bruxelles,  le 14 avril. YVES HERMAN / REUTERS

Sophie Wilmès, la première ministre belge, a annoncé, mercredi 15 avril, la prolongation jusqu’au 3 mai des mesures de confinement initialement fixées jusqu’au 20 avril. Des mesures de sortie progressive de la phase d’urgence interviendront à ce moment, a déclaré la chef du gouvernement fédéral, une coalition soutenue temporairement par sept partis d’opposition.

Dans l’immédiat, l’épidémie de Covid-19 reste préoccupante, a admis Mme Wilmès. Le pays a effectivement été choqué en apprenant qu’il avait enregistré, vendredi 10 avril, un pic du nombre de morts − 496 −, établissant ainsi un triste record mondial, celui du plus grand nombre de décès par million d’habitants en l’espace d’une seule journée. Une annonce officielle maladroite puisqu’elle incluait des disparitions, survenues au cours des dernières semaines, mais non recensées jusque-là, de pensionnaires de maisons de retraite.

L’épisode a, en tout cas, focalisé l’attention et entraîné une double question : la Belgique connaît-elle une surmortalité, et pourquoi ? Avec ses 11,4 millions d’habitants, elle totalisait, jeudi 16 avril, 4 857 morts du Covid-19. L’Autriche (9 millions d’habitants) et la Suède (10,2 millions d’habitants) en annonçaient respectivement 393 et 1 203. Plus marquant encore : le royaume recense 1 300 décès de plus que les Pays-Bas (17,3 millions d’habitants, 3 134 morts), le voisin souvent mis en cause pour sa stratégie du « confinement intelligent », moins restrictif que celui décrété depuis le 18 mars en Belgique. Par rapport à son autre voisin, l’Allemagne (83 millions d’habitants, 3 528 morts), la Belgique totalise, en proportion, huit fois plus de morts.

« Surévaluation »

Interrogé le 14 avril par le magazine Le Vif, Philippe Laurent, ancien patron de Médecins sans frontières Belgique et de la Croix-Rouge, est cinglant : « La Belgique va se retrouver dans quelques jours à la première place au classement des pays connaissant le plus grand nombre de décès par habitant. » Les autorités sanitaires belges « noient-elles le poisson », comme l’affirme cet expert ? Chaque matin, le centre de crise du ministère de l’intérieur et le ministère de la santé livrent une analyse détaillée de la situation. Et expliquent que, contrairement à ce qui se déroule dans d’autres pays, les autorités sanitaires comptabilisent tous les décès : en milieu hospitalier, en maisons de retraite et, au-delà, tous les cas suspects − mais pas nécessairement testés − de personnes décédées et qui présentaient les symptômes d’une contamination par le Covid-19.

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