« Le massacre de Sinak » fait craindre une dangereuse escalade dans la contestation en Irak

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Des opposants au régime dans un bâtiment près du pont Sinak, lors d’une manifestation le 18 novembre 2019.
Des opposants au régime dans un bâtiment près du pont Sinak, lors d’une manifestation le 18 novembre 2019. Khalid Mohammed / AP

Dans la nuit de vendredi à samedi, au moins 24 personnes ont été tuées, 20 manifestants et quatre policiers, et une centaine d’autres blessées, quand des hommes armés non identifiés ont attaqué, au couteau et à la mitrailleuse, le garage de Sinak qu’occupent les contestataires en prolongement de la place Tahrir, à Bagdad en Irak.

Le témoignage d’un manifestant de la place Tahrir, reccueilli par Amnesty International, corrobore ceux publiés sur les réseaux sociaux et par les agences de presse. A la tombée de la nuit, vendredi 6 décembre, « nous avons entendu et vu des mitrailleuses kalachnikov BKC, raconte-t-il. Au moins sept BKC étaient installées sur des pick-up qui sont entrés dans la zone du pont et du garage de Sinak. Mon ami a vu certains des hommes armés porter des BKC. Ce n’est pas clair comment cela a commencé. Ce qui est clair est qu’ils avaient déjà des hommes parmi la foule car quand ça a commencé, ils sont arrivés de deux directions », poursuit-il, désignant des hommes armés en civil.

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Des tirs nourris ont résonné près du garage à étages occupé par les manifestants, puis à l’intérieur, où un incendie s’est déclaré, et sur le pont adjacent. « Ils avaient le contrôle total de la zone (…), poursuit ce témoin anonyme. Ils l’ont contrôlée jusqu’à six heures du matin. »

La crainte d’une escalade entre groupes armés chiites

Le « massacre de Sinak », ainsi que le nomment les manifestants, est un tournant dans la contestation contre le pouvoir, qui a déjà fait plus de 445 morts et 20 000 blessés depuis le 1er octobre. Il fait craindre de nouvelles attaques contre le sit-in et une dangereuse escalade entre groupes armés chiites, alors que les tractations sont engagées pour nommer un premier ministre après la démission d’Adel Abdel Mahdi, le 29 novembre.

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Les manifestants accusent des membres de milices chiites soutenues par l’Iran d’être derrière l’attaque. Elles sont déjà suspectées d’avoir déployé des snipers à Bagdad lors de la première semaine d’octobre, qui avaient fait de nombreuses victimes, et d’avoir mené des attaques contre des sit-in et tué des activistes dans des villes du sud du pays. Jeudi, lors d’une contre-manifestation de membres de milices chiites place Tahrir, des manifestants avaient été poignardés.

Après la tuerie de Sinak, le président Barham Saleh a appelé à « protéger les manifestants pacifiques » et à retrouver et juger « les criminels ». Mais depuis le début de la contestation, les autorités assurent ne pouvoir ni identifier ni arrêter les auteurs d’attaques contre les manifestants dans un pays où les factions armées pro-Iran gagnent en influence, et se bornent à désigner une « troisième partie ».

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