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CGN, partenaire privilégié d’EDF au Royaume-Uni et en Chine, a été interdit d’accès aux technologies nucléaires américaines, sur fond de guerre commerciale entre Washington et Pékin.
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En plein cœur de l’été, la décision est passée inaperçue : le département américain du commerce a placé, jeudi 15 août, plusieurs groupes nucléaires chinois sur sa liste noire, qui interdit aux entreprises américaines toute activité commerciale avec ceux-ci. Or le China General Nuclear Power Group (CGN) – le plus grand groupe public nucléaire chinois – est le principal partenaire d’EDF en Chine, mais aussi au Royaume-uni, où il assure un tiers du financement du projet Hinkley Point, qui consiste à édifier deux réacteurs de type EPR dans l’ouest de l’île.
Le gouvernement Trump avait déjà annoncé des restrictions à l’export vers la Chine en 2018 pour les sociétés américaines. Il va plus loin, en interdisant formellement l’accès à CGN à toutes les technologies nucléaires américaines. Sur fond de guerre commerciale entre Pékin et Washington, le département américain du commerce accuse ces groupes d’avoir tenté « d’acquérir des technologies nucléaires américaines de pointe pour des usages militaires en Chine ».
Les conséquences de la décision américaine risquent d’être importantes outre-Manche, où CGN joue un rôle-clé dans le développement du nucléaire
En 2016, le département américain de la justice avait accusé CGN d’espionnage industriel et, en août 2017, un ingénieur de l’entreprise avait été condamné à deux ans de prison aux Etats-Unis pour avoir tenté de recruter des experts nucléaires afin de développer des applications militaires.
Les conséquences de ce choix risquent d’être importantes outre-Manche, où CGN joue un rôle-clé dans le développement du nucléaire. Les réacteurs britanniques actuels arrivent en fin de vie et doivent être fermés entre 2025 et 2035 (ils fournissent environ 20 % de l’électricité du pays). Le gouvernement a prévu plusieurs nouveaux réacteurs, mais les difficultés se sont accumulées en raison de problèmes de financement.
Pas d’impact sur le calendrier de Hinkley Point
Le seul projet en cours de construction se trouve à Hinkley Point, dans le Somerset, à l’initiative d’EDF. Mais, pour pouvoir assurer le financement colossal de deux réacteurs EPR, le groupe français a dû faire appel à son partenaire chinois CGN, qui assure 33 % de cet investissement à 24 milliards d’euros. Un engagement controversé au Royaume-Uni, mais qui a fini par recevoir le soutien des autorités.
Interrogé par Le Monde, EDF estime que cette décision ne devrait pas avoir d’impact sur le calendrier de Hinkley Point. Le premier réacteur doit démarrer en 2025. Le contrat signé avec les autorités prévoyait de travailler essentiellement avec des sous-traitants britanniques. Mais les effets en chaîne que pourrait provoquer la décision américaine sont encore mal connus.
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