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Donald Trump avait promis une démonstration de force à Tulsa, dans le bastion républicain de l’Oklahoma. Toujours soucieux de la taille de ses audiences, il avait assuré qu’il n’y aurait pas un siège de vide samedi soir 20 juin, lorsqu’il y prendrait la parole. La foule n’a pourtant pas été au rendez-vous, et le président des Etats-Unis s’est retrouvé piégé par ses promesses.
Après un printemps marqué par les épreuves, de la crise sanitaire à l’effondrement de l’économie qu’elle a entraîné, en passant par les manifestations contre les violences policières, l’événement était censé relancer la campagne de réélection de Donald Trump. Il a au contraire souligné la mauvaise passe que ce dernier traverse. Ereinté dans un livre de son ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, empêtré dans le limogeage express, samedi, d’un procureur de New York, le locataire de la Maison Blanche est pour l’instant à la peine dans les intentions de vote, à un peu plus de quatre mois de l’élection présidentielle.
Samedi soir, il a mis le fiasco de Tulsa sur le compte de contre-manifestants que sa présence avait attirés. Ces derniers auraient dissuadé ses fidèles de venir le soutenir. Une explication particulièrement peu convaincante, mais qui lui a permis de faire l’impasse sur la menace que représente la pandémie de Covid-19. Cette dernière garde une certaine vigueur aux Etats-Unis, comme en témoigne la hausse des contaminations dans de nombreux Etats initialement épargnés comme l’Arizona, le Texas et la Floride. Ils sont tous dirigés par des gouverneurs républicains peu désireux d’appliquer à la lettre les recommandations des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Cette agence fédérale déconseille par ailleurs les rassemblements dans des espaces fermés semblables à celui où s’est tenu le meeting de Tulsa.
« Arme à double tranchant »
Alors que six personnes parmi les organisateurs du meeting avaient été diagnostiquées positives et placées en quarantaine dans la matinée de samedi, la progression de la maladie a suscité un commentaire alambiqué de Donald Trump à propos la campagne de dépistage conduite aux Etats-Unis, qualifiée d’« arme à double tranchant ». « Quand on fait ce volume de dépistages, on trouve plus de gens, on trouve plus de cas. Alors j’ai dit : ralentissez le dépistage », a assuré le président des Etats-Unis devant ses fidèles dont très peu arboraient le masque – pourtant recommandé par les CDC – distribué à l’entrée. Son entourage a assuré ultérieurement qu’il s’agissait d’une plaisanterie, ce que démentait le ton du président.
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