[ad_1]
Une vieille dame de 86 ans a été hospitalisée le week-end dernier et la nouvelle a saisi d’effroi tout ce que Washington compte de démocrates, c’est-à-dire la quasi-totalité de l’électorat de la capitale fédérale. Peu de choses leur sont aussi précieuses en effet, pendant encore un an, que la santé de Ruth Bader Ginsburg.
Ruth Bader Ginsburg le sait. C’est son quatrième séjour à l’hôpital en l’espace d’un an, mais cette petite femme frêle s’accroche à la vie avec toute la détermination dont elle est capable – et elle n’en manque pas. Ruth Bader Ginsburg est l’un des neuf juges de la Cour suprême des Etats-Unis, ces juges nommés à vie par le président ; de l’équilibre politique, par définition aléatoire, de la plus haute juridiction peuvent dépendre des décisions fondamentales pour la société américaine.
La juge Bader Ginsburg – immortalisée en 2018 par le film Une femme d’exception – a été nommée par le président Bill Clinton, et elle est progressiste ; sur neuf, ils ne sont actuellement que quatre juges nommés par des présidents démocrates – deux par Clinton, deux par Obama. Les cinq autres ont été nommés l’un par Bush père (Clarence Thomas), deux par son fils et deux autres par Donald Trump.
Si Ruth Bader Ginsburg meurt sous présidence républicaine, la Cour suprême s’ancrera alors très clairement côté conservateur, avec une majorité de six contre trois. Et pour longtemps. Cela peut changer beaucoup de choses sur le droit à l’avortement, sur les droits des homosexuels, sur la discrimination positive et sur toutes sortes de sujets de société sur lesquels la Cour suprême est régulièrement amenée à se prononcer en dernier ressort.
Priorité au contrôle du pouvoir judiciaire
La juge Bader Ginsburg est rentrée chez elle lundi. Elle va bien, a fait savoir son entourage, il ne s’agissait que d’un épisode fiévreux. Mais cette alerte illustre tout l’enjeu d’un deuxième mandat de Donald Trump : le prochain président aura probablement l’occasion de choisir un, voire deux juges pour la Cour suprême. Si c’est le même, il imprimera ainsi plus profondément sa marque sur la société américaine, dont les élections, en nombre de voix, montrent pourtant qu’elle n’est pas majoritairement trumpiste.
« S’il remporte un second mandat, les dégâts qu’il causera pourraient nous être fatals », le milliardaire Michael Bloomberg
C’est ce risque qu’a évoqué, indirectement, le milliardaire Michael Bloomberg en se lançant dimanche dans la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle : le pays ne peut pas se permettre, a-t-il averti, « quatre années de plus d’actions immorales et irresponsables de Donald Trump. S’il remporte un second mandat, les dégâts qu’il causera pourraient nous être fatals ».
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment: