Le constructeur allemand Daimler veut mettre sa division poids lourds en Bourse

0
51

[ad_1]

Daimler va changer de visage. Le groupe automobile de Stuttgart a annoncé, mercredi 3 février, son intention de se scinder en deux d’ici à la fin de l’année. Son activité poids lourds et bus, pour laquelle il est le numéro un mondial, sera mise en Bourse sous le nom de « Daimler Truck ». Le reste de l’entreprise se concentrera sur les berlines haut de gamme et prendra le nom de « Mercedes-Benz ». Cette scission a pour objectif de former deux spécialistes, favorisés par les marchés sous le nom de « pure players », jugés plus à même de poursuivre la décarbonation et la transformation numérique des activités.

La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre. Après l’annonce de la direction du groupe, le titre Daimler a bondi de 8 %, pour atteindre son plus haut niveau depuis juin 2018. Depuis des années, les analystes se plaignaient du manque de clarté et de transparence dans les structures de Daimler, et les investisseurs boudaient son titre en Bourse.

Le président de Daimler, Ola Källenius, s’est donc incliné. Il a expliqué ce changement « historique » par les différences profondes entre les deux spécialités : d’un côté, Mercedes-Benz, présentée comme « la marque de berlines de luxe la plus célèbre du monde », s’adresse au grand public. De l’autre, les bus et camions Daimler, qui se concentrent sur les professionnels.

Un employé travaillant sur la chaîne de montage automobile de l’usine Mitsubishi Fuso Truck and Bus Corp, appartenant à la société allemande Daimler AG, à Kawasaki, au sud de Tokyo, au Japon, le 18 mai 2020.

Avec un management séparé et indépendant, les deux unités doivent être plus compétitives, espère le dirigeant. Même les représentants des salariés, longtemps hostiles à toute scission, ont soutenu le projet, convenant que les transformations rapides actuellement en cours dans l’automobile nécessitaient une plus grande réactivité.

La structure de conglomérat abandonnée

Daimler est actuellement le premier constructeur de camions et bus du monde, avec sept marques locales en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Il a réalisé, en 2019, un chiffre d’affaires de 40,2 milliards d’euros avec les camions et de 4,7 milliards avec les bus, et compte 100 000 salariés. Séparé de l’activité véhicules légers, il espère nouer plus facilement des partenariats pour le développement de son offre électrique et hydrogène et de conduite automatisée, et améliorer une rentabilité en berne.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Siemens, métamorphosé, s’apprête à changer de patron

Ce tournant dans l’histoire du constructeur emblématique de Stuttgart s’explique aussi par l’inquiétude des dirigeants du groupe, depuis l’entrée surprise au capital du chinois Geely, en 2018. Contrairement à Volkswagen et BMW, qui bénéficient d’un actionnaire familial dominant, Daimler n’est protégé des tentatives de prise de contrôle d’un investisseur étranger que si sa capitalisation boursière est suffisamment élevée, estiment-ils.

Avec la scission de Daimler, c’est un nouveau groupe allemand qui abandonne la structure de conglomérat. Longtemps favorisée dans le capitalisme allemand, car jugée plus stable, cette organisation est partout abandonnée, sous la pression des marchés, qui la considèrent comme peu lisible et inefficace.

De façon significative, la transformation de Daimler est annoncée le jour même où un autre grand groupe allemand, Siemens, saluait le départ de son patron, Joe Kaeser, qui a, lui aussi, consciencieusement organisé des scissions successives d’activités, pour faire du groupe une « flottille de navires » et non plus un « lourd navire pétrolier ». Signe de l’assentiment des marchés, le cours de Siemens a atteint, mercredi, une cotation record.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Siemens suit la voie de tous les conglomérats des pays industrialisés en démantelant son groupe »

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: