Le combat des petits entrepreneurs italiens pour survivre

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En trois générations, l’entreprise familiale de peinture Vanzini, à Turin, a touché le fond.

Publié aujourd’hui à 15h51, mis à jour à 15h56

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Un atelier de réparation de bateaux, à Meta di Sorrento, dans le sud de l’Italie.
Un atelier de réparation de bateaux, à Meta di Sorrento, dans le sud de l’Italie. SANDRO MADDALENA / AFP

A 5 h 45, le soleil est encore bas et Stefano Vanzini est déjà au bureau. Les enfants dorment. « Nous sommes débordés, par la faute de la bureaucratie. Il y a dix ans, nous envisagions d’acheter des bâtiments et des entrepôts, maintenant nous pensons à les vendre. »

Son entreprise artisanale était un petit empire de peinture, modèle d’excellence dans l’industrie de la construction, fondée par son père Franco en 1945. Juste après la seconde guerre mondiale, il y avait urgence à relancer l’économie et Fiat, à Turin, a été l’une des premières entreprises à repartir. En peu de temps, elle est devenue le client le plus solide de M. Vanzini. Puis, dans les années 1960, Sip, l’entreprise italienne de télécommunications, arrière-grand-mère de Telecom, s’y est ajoutée, confiant à l’artisan turinois et à ses ouvriers la peinture des cabines téléphoniques.

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A cette époque, Turin, capitale industrielle du nord de l’Italie, attirait des trains d’immigrants du sud ; signe du climat d’espoir et d’expansion économique, le Circarama, un système de projection à 360 degrés de Walt Disney, était même arrivé dans la ville. Né en 1962, Stefano Vanzini se souvient du travail acharné et de l’enthousiasme de son père, qui ne s’est jamais accordé un seul jour de vacances et qui « a réinvesti dans l’entreprise tout ce qu’il a gagné ». Ce n’est que grâce « aux efforts de mon père, explique-t-il, que nous sommes là aujourd’hui, car sinon la crise de l’après-2008 nous aurait emportés ».

Le bâtiment est resté le même, construit par les meilleurs ingénieurs de l’époque, et les machines, le mélangeur de 360 kg et l’affûteuse à rouleaux en granit, fonctionnent toujours. « Mon père les a achetées à Virgilio Maroso del Grande Torino, qui produisait des chocolats. C’est difficile à croire, mais les mêmes machines sont utilisées pour traiter le chocolat et les peintures. »

Une croissance atone, la plus faible d’Europe

Au plus fort de son expansion, dans les années 1980 et 1990, le chiffre d’affaires annuel de l’entreprise était de 1,2 million de lires. Assez pour offrir à la famille Vanzini un niveau de vie confortable, des vacances dans les stations chics de la Riviera Ligure et à la montagne, avec deux nounous pour les enfants. L’entreprise artisanale employait soixante ouvriers. « Je peux dire que nous n’avons jamais licencié personne », assure M. Vanzini.

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