Le Cirque du Soleil, affaibli et convoité

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Lors d’une représentation du spectacle « Crystal » du Cirque du Soleil, à Riga, en Lettonie, le 15 janvier.
Lors d’une représentation du spectacle « Crystal » du Cirque du Soleil, à Riga, en Lettonie, le 15 janvier. Ints Kalnins / REUTERS

Les chapiteaux jaune et blanc sont toujours dressés sur le Vieux-Port de Montréal. Le Cirque du Soleil devait y lancer en fanfare, le 22 avril, son nouveau spectacle de performances acrobatiques Sous un même ciel. Mais l’image s’est figée, ces chapiteaux sont aujourd’hui vides de toute activité et de tout public. Car, au premier jour de l’arrivée de la pandémie de Covid-19 au Canada, toutes les représentations ont été annulées, comme l’ont été celles des 44 spectacles produits dans le monde entier, de Las Vegas à Hangzhou, de Lyon à Moscou, de Tel-Aviv à Melbourne. Cette mise à l’arrêt annoncée, le 19 mars, par la direction du cirque, a entraîné la mise à pied immédiate de 4 679 de ses employés, soit 95 % de ses effectifs. Depuis, le géant québécois du spectacle vivant, fondé en 1984 par l’ex-cracheur de feu devenu millionnaire Guy Laliberté, vacille et craint pour sa survie.

La crise entraînée par la pandémie a révélé la grande fragilité financière de ce qui était pourtant considéré comme un mastodonte culturel : depuis la vente, en 2015, par Guy Laliberté de l’essentiel de ses parts au fonds texan TPG Capital (60 %), au chinois Fosun Capital Group (20 %) et à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui passe de 10 % à 20 % des parts, le cirque traîne une dette estimée à 900 millions de dollars américains (832 millions d’euros). Quelques jours après le début de la crise, l’agence de notation américaine Moody’s soulignait « un risque de défaillance élevé d’ici à la fin de l’année » : l’arrêt des ventes de billets, dont le cirque tire l’essentiel de ses ressources, le prive, jusqu’à nouvel ordre, de toute possibilité d’honorer jusqu’aux intérêts de sa dette.

L’arrêt des spectacles, en raison de la pandémie, a entraîné la mise à pied immédiate de 4 679 des employés du cirque, soit 95 % des effectifs

Fin mars, Reuters dévoile que l’entreprise « étudie plusieurs options pour restructurer son endettement, et n’exclut pas d’être contrainte de se placer en faillite ». Les grandes manœuvres commencent pour tenter qui de sauver la belle marque au bord de l’asphyxie, qui d’en profiter pour la récupérer. Les trois actionnaires offrent une bulle d’oxygène en consentant un prêt exceptionnel de 50 millions de dollars, mais toutes les options sont désormais sur la table : injecter de l’argent frais des investisseurs actuels, recapitaliser l’entreprise avec de nouveaux partenaires ou la vendre. Le Cirque du Soleil mandate la Banque du Canada pour explorer tous les scénarios.

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