le Chili repousse d’un mois l’élection de l’Assemblée constituante

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Le président chilien, Sebastian Piñera, le 6 avril à Santiago, lors de la promulgation de la loi décalant l’élection de l’Assemblée constituante aux 15 et 16 mai.

Après de longues négociations, les parlementaires chiliens ont finalement acté, mardi 6 avril, le report de l’élection de l’Assemblée constituante aux 15 et 16 mai. Initialement prévu le 11 avril puis étalé sur deux jours, les 10 et 11 avril, afin de lisser les déplacements et du même fait les risques de contaminations, le scrutin, qui appelle également les Chiliens à désigner maires, conseillers municipaux et gouverneurs, s’adapte de nouveau à la situation sanitaire, alarmante. « Les raisons qui ont poussé notre gouvernement à promouvoir ce report sont très solides et au nombre de deux : prendre soin de la santé de nos compatriotes et prendre soin de la santé de notre démocratie », a déclaré le président, Sebastian Piñera (droite), lors de la promulgation de la loi décalant le scrutin, faisant allusion à l’abstention qui aurait probablement marqué ce dernier.

Car l’élection est historique. Elle fait suite au référendum d’octobre 2020, à l’issue duquel les Chiliens se sont prononcés à 79 % pour l’écriture d’une nouvelle Constitution, principal acquis du mouvement social contre les inégalités ayant éclaté en octobre 2019.

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L’actuelle Carta Magna, héritée de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), jette les bases de l’Etat libéral, fustigé par la rue. Les Chiliens ont également déterminé en octobre la composition de l’organe chargé de rédiger le nouveau texte : il s’agira uniquement de citoyens nouvellement élus, et non d’une assemblée mixte composée aussi de députés. Ce sont donc les membres de cette Assemblée constituante que les électeurs devront désigner les 15 et 16 mai. « C’est l’élection la plus importante de ces dernières et de ces prochaines années car il s’agit du chemin qu’a choisi le Chili pour résoudre la crise sociale survenue en 2019 », observe Pamela Figueroa, politologue et chercheuse à l’université de Santiago du Chili.

Affaiblissement de Piñera

Cette nouvelle boussole du pays pourrait, si les deux tiers de l’Assemblée le décident, installer la notion d’Etat-providence et entériner un accès égalitaire et public à l’éducation ou aux soins. La notion de logement digne ainsi qu’une refonte du système des retraites, actuellement de capitalisation privée, seront également au centre du débat. Fait inédit : le texte sera élaboré par une Assemblée totalement paritaire, et dont 17 des 155 membres font partie des populations autochtones.

S’il est certain que l’importance du scrutin et l’urgence sanitaire faisaient consensus, les discussions parlementaires ont en revanche achoppé sur d’éventuelles nouvelles aides économiques aux secteurs les plus touchés par la pandémie et sur un soutien financier aux candidats indépendants. Selon l’observatoire chilien pour la nouvelle constitution, les indépendants comptent pour 60 % des citoyens en lice. Les députés ont finalement décidé une suspension de la campagne jusqu’au 28 avril. Ce choix implique également l’arrêt des versements financiers aux campagnes jusqu’à la même date.

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