L’armée chinoise est à « dix minutes de Hongkong »

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Le régime met en scène la présence  de ses troupes à Shenzhen, sur le continent.

Par Publié aujourd’hui à 11h33, mis à jour à 13h37

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Camions militaires et véhicules blindés devant le stade de football à Shenzhen.
Camions militaires et véhicules blindés devant le stade de football à Shenzhen. AFP

L’armée chinoise tient à faire savoir qu’elle est prête, en cas d’intervention à Hongkong. Depuis quelques jours, des photos et des vidéos de convois militaires chinois massés à Shenzhen, la ville de Chine continentale qui fait face à Hongkong, se multiplient. Le président américain, Donald Trump, a confirmé l’information dans un Tweet publié mardi 13 août, alors que le chaos créé à l’aéroport par des manifestants hostiles à Pékin atteignait son paroxysme. Les photos montrent notamment des dizaines de camions militaires occupant un stade de football à Shenzhen. Certaines montrent également des tanks.

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L’armée chinoise elle-même a diffusé une photo assortie d’une menace explicite : « Il faut dix minutes pour atteindre Hongkong à partir du stade de Chunjian près de la baie de Shenzhen et c’est à 56 km de l’aéroport de Hongkong. » L’armée chinoise disposerait de 6 000 hommes à Hongkong même, mais la plupart des troupes seraient en fait stationnées en Chine continentale où les terrains sont moins chers et les manœuvres, plus faciles à effectuer. La présence de troupes chinoises à Shenzhen n’est pas une nouveauté. Ce qui l’est, c’est que la Chine les exhibe pour faire pression sur les manifestants de Hongkong. Depuis le 1er août, trois vidéos ont été diffusées, montrant des manœuvres de l’armée ou de la police militaire chinoise effectuées à Shenzhen et faisant explicitement référence à Hongkong.

Plusieurs moyens d’intervention

Comme la rhétorique chinoise qualifie désormais les manifestations de « révolution de couleur » et de « signes de terrorisme », une action militaire ne peut être exclue. Les responsables hongkongais, quelle que soit leur couleur politique, sont convaincus du contraire. Le coût politique serait selon eux trop élevé pour Pékin. Trente ans après le massacre de Tiananmen, la Chine serait à nouveau mise au ban des nations.

Les responsables hongkongais sont convaincus que Pékin n’interviendra pas, car le coût politique serait trop élevé

C’est également l’avis de Shi Yinhong, expert des relations internationales de l’université Renmin à Pékin et conseiller du gouvernement chinois. « Je ne pense pas que nous avons besoin d’envoyer des troupes. La police de Hongkong va progressivement renforcer son action et ils n’ont pas épuisé leurs moyens », explique-t-il jeudi 15 août dans le South China Morning Post, quotidien de langue anglaise de Hongkong, propriété du patron d’Alibaba, Jack Ma. Cet expert va même plus loin. Jusqu’ici il était admis que le président Xi Jinping ne saurait accepter que les manifestations antichinoises troublent les commémorations du 1er octobre, date du 70e anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Mao. Shi Yinhong est plus mesuré. « La Fête nationale est un moment important, mais le gouvernement chinois n’est pas assez naïf pour croire qu’il y aura la paix partout sur terre. (…) On peut être à peu près sûrs que la guerre commerciale va continuer et aucun tournant majeur n’est en vue à Hongkong », remarque-t-il.

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