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Encore un camouflet pour Annegret Kramp-Karrenbauer (« AKK »). Le 10 février, lorsqu’elle annonça à la surprise générale qu’elle renonçait à être candidate à la chancellerie, la « dauphine » désignée d’Angela Merkel à la tête de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) pensait au moins maîtriser le calendrier de sa sortie : selon ses plans annoncés ce jour-là, le nom de son successeur devait être « trouvé » d’ici l’été, puis investi lors d’un congrès au mois de décembre, le tout en vue des élections législatives de l’automne 2021.
Finalement, le départ d’« AKK » aura lieu plus tôt que prévu. Lundi 24 février, l’état-major de la CDU a décidé que le nouveau président du parti serait désigné le 25 avril, à Berlin, lors d’un congrès extraordinaire. Huit mois, donc, avant la date imaginée par Mme Kramp-Karrenbauer. L’échéance était considérée comme intenable par plusieurs poids lourds du parti : à un an des législatives, beaucoup estimaient qu’il était irresponsable que la droite allemande reste sans chef de file désigné pendant près de dix mois.
Un « ticket » entre Armin Laschet et Jens Spahn
Trois candidats devraient s’affronter. Le premier est Norbert Röttgen, 54 ans, l’actuel président de la commission des affaires étrangères du Bundestag. Premier à se déclarer, le 18 février, à la surprise générale, il est considéré comme un centriste au sein de la CDU, dans la ligne d’Angela Merkel, même s’il a un vieux compte personnel à régler avec la chancelière, qui l’a limogé de son poste de ministre de l’environnement, en 2012, après sa défaite aux élections régionales en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dont il était la tête de liste.
Le deuxième candidat en lice est Armin Laschet, 59 ans, ministre-président de ce même Land du nord-ouest de l’Allemagne depuis 2017. Pragmatique et tout en rondeurs, ce fidèle de la chancelière a annoncé sa candidature, mardi 25 février, en présentant un « ticket » avec Jens Spahn, l’actuel ministre fédéral de la santé, âgé de 39 ans. En cas d’élection de M. Laschet à la tête du parti, M. Spahn sera son vice-président.
Cet attelage baroque entre un grand baron régional proche de Mme Merkel et un jeune loup qui fut naguère un des contempteurs les plus virulents de la politique de la chancelière en faveur de l’accueil des réfugiés, ne devrait pas faciliter la campagne du troisième candidat, Friedrich Merz, 64 ans. Sans surprise, celui-ci s’est également lancé officiellement dans la course, mardi matin. Président de la branche allemande de BlackRock, le plus grand fonds de gestion de fortunes du monde, cet ancien député avait déjà tenté sa chance, fin 2018, pour prendre la présidence de la CDU après le départ de Mme Merkel de la tête du parti. Il avait été battu d’un cheveu par Mme Kramp-Karrenbauer.
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