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L’arrestation, en février en Espagne, puis l’extradition, le mois dernier, vers le Mexique, d’Emilio Lozoya – son ancien homme de confiance – laissait supposer des révélations à l’encontre de l’ex-président Enrique Peña Nieto.
L’ancien dirigeant de la compagnie pétrolière publique Pemex, cité par le parquet, a affirmé, mardi 11 août, que des pots-de-vin versés par le géant brésilien du bâtiment Odebrecht ont servi à financer la campagne électorale de 2012 de M. Peña Nieto.
Emilio Lozoya, qui a le statut de « témoin collaborateur » dans le cadre de l’enquête sur ce scandale de corruption, « affirme qu’il y a eu une série de pots-de-vin d’un montant de plus de 100 millions de pesos mexicains [3,75 millions d’euros], lesquels ont été essentiellement utilisés pour la campagne présidentielle de 2012 », a indiqué à la presse le procureur général Alejandro Gertz.
« Tout cet argent (…) venait d’Odebrecht », a ajouté le procureur.
Objet d’enquête dans plusieurs pays d’Amérique latine, l’entreprise brésilienne a reconnu avoir versé des pots-de-vin à de nombreux dirigeants politiques latino-américains contre l’obtention de marchés publics.
M. Lozoya affirme que l’ex-président Enrique Peña Nieto (2012-2018) et son coordinateur de campagne Luis Videgaray, « sont ceux qui ont demandé à ce que cet argent soit remis à plusieurs conseillers électoraux étrangers », selon, le procureur.
L’ancien dirigeant de Pemex (2012-2016) accuse également les deux hommes d’avoir acheté « des voix dans le cadre des réformes structurelles de 2013 et 2014 », notamment celle concernant le secteur de l’énergie qui a permis son ouverture aux capitaux privés après 75 ans de monopole d’Etat.
Des témoins, des reçus et une vidéo pour appuyer les accusations
Emilio Lozoya, 45 ans, a cité quatre témoins et « a fourni des reçus et une vidéo » pour appuyer ses accusations, a indiqué M. Gertz.
Le bureau du procureur général « a ouvert le dossier d’enquête correspondant et nous allons entamer toutes les procédures », a annoncé le procureur. M. Lozoya était directeur des affaires internationales dans le cadre de la campagne de l’ancien chef de l’Etat, après avoir été durant trois ans conseiller d’Odebrecht au Mexique.
Selon l’accusation, il a tenté « de cacher divers mouvements et comptes bancaires, en particulier lorsqu’il dirigeait » la campagne présidentielle. Arrêté en Espagne en février, il a été extradé le 17 juillet.
M. Lozoya doit également être jugé pour avoir autorisé, lorsqu’il était directeur de Pemex, l’achat d’une usine d’engrais pour 485 millions de dollars (413 millions d’euros), un coût jugé excessif compte tenu du mauvais état des installations qui n’avaient pas été utilisées pendant quatorze ans.
Il est accusé d’avoir reçu un paiement de trois millions de dollars des propriétaires de l’usine avant la vente, une somme qu’il aurait utilisée pour s’acheter une luxueuse villa à Mexico.
Emilio Lozoya avait démissionné en 2016 de Pemex, la plus grande entreprise publique du Mexique sujette à de graves problèmes financiers.
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