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A la traîne face aux Américains et aux Chinois dans le domaine du cloud (l’informatique dématérialisé), l’Europe tient-elle une chance de revenir dans la course avec le projet Gaia-X ? Au terme du premier sommet (virtuel) organisé par l’association du même nom, les 18 et 19 novembre, force est de constater que l’initiative prend de l’épaisseur. Hubert Tardieu, président par intérim de l’association qui pilote le projet, a indiqué mercredi que près de 180 compagnies avaient désormais rejoint l’initiative, qui n’était jusque-là portée que par 22 entreprises, allemandes et françaises.
Parmi les nouveaux membres, issus de 18 pays, dont 12 de l’Union européenne, figurent les géants du secteur : Amazon, Google, Microsoft, Alibaba. Mais aussi des grands noms du logiciel, comme Oracle, Salesforce ou Palantir. « Malgré le scepticisme qu’on avait constaté à l’origine, on voit que de plus en plus de monde souhaite participer à ce projet », se réjouit Michel Paulin, directeur d’OVH, l’un des membres fondateurs de Gaia-X.
Pour lui, ce regain d’intérêt reflète « une meilleure compréhension de la part des acteurs politiques et économiques » des enjeux du cloud et de la souveraineté des données. L’ambition de Gaia-X est moins de faire émerger un géant mondial du cloud – tant les leaders du marché semblent indétrônables – que d’imposer des bonnes règles de conduite pour favoriser l’adoption de cette technologie et accélérer l’économie de la donnée en Europe, estimée à 400 milliards d’euros en 2019. En adhérant à Gaia-X, les entreprises s’engagent à respecter des règles contraignantes : déclarer où et comment sont opérées les données qu’elles manipulent, faciliter le passage d’un service de cloud à un autre, permettre l’interopérabilité entre les services, et garantir la souveraineté des données.
Garde-fous
Pour beaucoup, ces critères devaient fermer la porte aux acteurs dominants, soupçonnés de rendre captifs leurs clients et de ne pas pouvoir garantir la souveraineté des données – notamment en raison des lois qui leur imposent, dans certains cas, de transmettre les informations qu’ils hébergent à leurs autorités nationales. L’initiative allemande d’ouvrir Gaia-X à des entreprises non européennes a d’ailleurs soulevé quelques contestations. Lors du sommet de l’association, des géants tels qu’Amazon se sont défendus en soulignant qu’ils respectaient les législations européennes et donnaient toutes les clés à leurs clients pour assurer la protection de leurs données.
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