l’Allemagne craint un déconfinement trop rapide

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Le 20 avril, dans une rue piétonne de Dortmund, en Allemagne. Ce jour-là, les petits magasins ont été autorisés à rouvrir.
Le 20 avril, dans une rue piétonne de Dortmund, en Allemagne. Ce jour-là, les petits magasins ont été autorisés à rouvrir. INA FASSBENDER / AFP

Rarement au cours de son mandat, les compétences d’arbitrage et de communication d’Angela Merkel auront été aussi déterminantes que dans la gestion de la crise sanitaire en cours. Lundi 20 avril, la chancelière allemande en a de nouveau fait la preuve. Lors d’une conférence de presse, elle s’est exprimée avec une véhémence rare chez elle, exhortant la population à la prudence, alors que les pressions pour une réouverture rapide se font de plus en plus fortes. « Ce serait triste à en pleurer que les succès acquis soient réduits à néant dans quinze jours en voulant aller trop vite », a-t-elle asséné, visiblement inquiète.

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C’est le revers de l’évolution favorable dans la lutte contre l’épidémie en Allemagne : jusqu’ici contenue par la peur, une vive opposition au confinement se réveille. Les brèches ouvertes par les premières mesures de réouverture annoncées le 15 avril ont servi de déclencheur. Le risque redouté est de voir le nombre des infections repartir à la hausse.

Angela Merkel est en position délicate : l’un après l’autre, tous les critères chiffrés qu’elle avait donnés comme signal pour un retour à la normale ont été atteints. Il y a d’abord eu celui du doublement du nombre d’infections en plus de dix jours. Il est actuellement de cinquante-cinq jours. Le 15 avril, elle avait cité l’objectif d’un taux de reproduction du virus (le nombre de personnes infectées par une autre) inférieur à 1, il est actuellement de 0,8.

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Finalement, le gouvernement a décidé d’abandonner tout critère et de maintenir le flou sur la date de retour à la normale en parlant de « nouvelle normalité » : un maintien strict des mesures de distanciation sociale jusqu’à l’arrivée d’un vaccin, attendu au plus tôt à la fin de l’année. Avec en attendant une réouverture au compte-gouttes et un traçage précis des chaînes de transmission du virus.

Forte pression

Psychologiquement, ce revirement a fait des dégâts. Les familles avec de jeunes enfants ont réalisé qu’elles avaient peu d’espoir de les voir retourner à l’école ou en crèche avant les vacances d’été. Des milliers de petites entreprises, d’indépendants ou d’artistes n’ont pas de perspective de reprise de leur activité. D’autres s’inquiètent d’une suspension indéfinie des libertés publiques. Durant le week-end, plusieurs petites manifestations de protestation contre les mesures de privation de liberté se sont tenues à Berlin, Hambourg et Stuttgart. Dans les milieux politiques, le desserrement des mesures de confinement est au centre de toutes les discussions.

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