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En 1999, au lancement de la seconde guerre en Tchétchénie, Vladimir Poutine avait promis d’« aller buter les terroristes jusque dans les chiottes ». Vingt ans plus tard, le président russe a-t-il adoubé ses équipes pour aller chercher l’un de ces « terroristes » (ou considéré comme tel) en Allemagne et lui loger deux balles dans le crâne ? Interrogé, lundi 9 décembre à Paris, en marge du sommet consacré à la paix en Ukraine, sur l’assassinat du Géorgien Zelimkhan Khangochvili, le 23 août, dans un parc de Berlin, M. Poutine a exclu le repentir ou la pitié.
« Je sais qu’un homme est mort à Berlin. Mais il ne s’agit pas simplement d’un Géorgien. C’est un homme qui a pris une part active dans les combats aux côtés des séparatistes du Caucase », a lâché le président russe, décrivant un homme « cruel » avec du « sang sur les mains ». « Il était recherché par les services russes. Il a tué 98 personnes », a-t-il ajouté, faisant de Khangochvili « l’un des organisateurs des attentats du métro de Moscou », en 2004. « Je ne sais pas ce qui lui est arrivé », a-t-il toutefois ajouté, évoquant un possible « règlement de comptes » entre « bandits ».
Le parquet fédéral allemand, qui s’est saisi de l’affaire le 4 décembre, suspecte que le meurtre ait été accompli « pour le compte d’entités étatiques de la Fédération de Russie ou pour celui de la République autonome tchétchène ». Et l’Allemagne accuse la Russie de ne pas collaborer à l’enquête, alors qu’un homme a été arrêté sur les lieux du crime : Vadim Krasikov, un ex-agent russe de 54 ans, déjà soupçonné du meurtre d’un homme d’affaires russe en 2013, à Moscou.
Cinglant, Vladimir Poutine a rétorqué, lundi : « Il aurait été bon que nous coopérions avant que ne surviennent ces circonstances tragiques. La partie russe a demandé à plusieurs reprises l’extradition de ce criminel et meurtrier. »
« Héros séculaire »
« Nous n’avons aucune connaissance d’une telle demande d’extradition », a répondu le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, mercredi. « Nous demandons à nos partenaires russes de coopérer et de mettre à notre disposition les informations dont ils disposent », a-t-il ajouté, alors que l’Allemagne a exigé l’expulsion de deux diplomates russes en poste à Berlin. Jeudi, Moscou a répliqué en annonçant une mesure réciproque. Les propos de M. Poutine laissent entendre que Moscou assume une part de responsabilité dans cet assassinat.
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