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Le président argentin, Alberto Fernandez, a clos, jeudi 6 février, une tournée d’une semaine en Europe, destinée à trouver des soutiens dans la renégociation de la dette phénoménale de son pays. Lors de sa visite à Paris, il a confié au Monde n’avoir trouvé que des échos positifs lors de ses entretiens avec le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, la chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, Emmanuel Macron, et le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez.
Au moment où M. Macron recevait M. Fernandez, mercredi, le Parlement argentin adoptait une loi accordant de larges pouvoirs au gouvernement du péroniste Alberto Fernandez – qui a succédé à Mauricio Macri le 10 décembre 2019 – pour restructurer la dette colossale du pays. Celle-ci s’élève à 311 milliards de dollars (280 milliards d’euros) – soit 91 % du PIB –, dont 44 milliards auprès du FMI, alors que le pays est plongé dans une grave crise économique.
Quel bilan faites-vous de votre première tournée internationale ?
Nous avons rempli nos objectifs. Le premier était de nous tourner à nouveau vers l’Europe. J’ai toujours été un européaniste convaincu. Une grande partie de notre population vient d’Europe, et nous avons avec elle des liens historiques et culturels, mais aussi économiques. Pendant longtemps, nous avons plutôt regardé ailleurs [vers les Etats-Unis].
L’autre objectif était de demander de l’aide pour résoudre le très sérieux problème de la dette. Le pays s’est endetté à une vitesse inusitée, d’un montant incroyable, et le plus insolite, c’est qu’il s’est engagé à rembourser en un temps record. Ce que je demande n’est pas exorbitant, mon message était : je vais payer la dette, mais laissez-moi du temps pour reconstruire notre économie. Et j’ai reçu un soutien massif de mes interlocuteurs.
La dette contractée auprès du FMI en 2018 sous le gouvernement Macri n’a pas fait l’objet d’un vote au Congrès. Est-elle légitime, et est-il légitime de vouloir la rembourser ?
Le gouvernement de Mauricio Macri [2015-2019] était un gouvernement démocratique, puisqu’il a été élu par le peuple. En effet, le Congrès n’a pas été consulté. On pourrait aussi dire aux créanciers : « Vous saviez que vous vous mettiez dans le pétrin quand vous avez investi dans un titre avec un taux d’intérêt de 8 % alors qu’au niveau mondial, ils étaient à 0 %. » Quand l’aumône est démesurée, même le saint se méfie.
Mais on ne peut pas demander au monde de la spéculation financière d’avoir ce genre de réflexion. Il était évident que l’Argentine n’allait pas pouvoir rembourser, car notre économie était en récession. Mais on ne peut pas remettre en cause la légitimité de l’autorité qui a contracté cette dette. Il faut faire avec.
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