L’aide humanitaire de l’ONU pour la Syrie contrainte d’arriver par un seul point de passage

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Le point de passage de Bab Al-Hawa, en juillet 2019.

A l’ONU, la Russie a remporté une victoire pour son allié Bachar Al-Assad samedi 11 janvier, à l’issue d’une semaine de négociations, forçant le Conseil de sécurité à limiter les livraisons d’aide humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie, tenu par les rebelles. Pourtant, plusieurs diplomates des Nations unies, différentes ONG, et la grande majorité du Conseil lui-même, avaient répété que les deux points de passage à ce jour situés sur la frontière turco-syrienne étaient essentiels pour apporter le soutien dont ont besoin les 4,3 millions de réfugiés – et ce, alors qu’un premier cas de Covid-19 aurait été dépisté dans la région.

Mais pour la deuxième fois de l’année, Moscou n’a absolument pas transigé, et continue à expliquer que l’aide humanitaire doit transiter par Damas, pour « respecter sa souveraineté ». En janvier déjà, sous pression russe, le Conseil avait été contraint de revoir le dispositif onusien à la baisse, passant de quatre points de passage, avec la Turquie, à deux.

Des mères donnent de l’herbe à leurs enfants

Le Conseil a été briefé sur l’état catastrophique de la situation. « Les mères expliquent qu’elles ne trouvent ni nourriture ni médicaments dans les marchés, et qu’elles dépendent entièrement des paquets de nourritures distribués à la frontière, a exposé le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires humanitaires (OCHA), Mark Lowcock, lundi 29 juin, lors d’un compte rendu régulier. Certaines cuisinent de l’herbe pour agrémenter les portions de nourriture. Tel est le niveau de désespoir. » Mark Lowcock avait alors émis le souhait que le mécanisme onusien conserve les deux points de passage à la frontière turque, et qu’on réactive également le point de Yaroubiya à la frontière syro-irakienne, pour pouvoir faire face à une éventuelle progression de la pandémie.

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Cette semaine, une majorité écrasante du Conseil (13 membres sur 15) a voté deux fois le maintien de ce système de points de passage transfrontaliers, mais la Russie, ainsi que la Chine, ont opposé leur veto à deux textes successifs – les 15e et 16e vetos russes depuis le début du conflit syrien, en 2011. Les points de Bab Al-Hawa (à proximité d’Idlib) et de Bab Al-Salamah (près d’Alep) ont justement dû être fermés quelques heures samedi 11 juillet, faute d’avoir été de nouveau autorisés à temps par les diplomates : les treize membres du Conseil en faveur d’un dispositif maximal ont osé risquer la fermeture du dispositif quelques heures, le temps de tenter une ultime négociation. Le dernier texte, voté par 12 membres du Conseil, réinstalle Bab Al-Hawa, reconduit pour un an.

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