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Tribune. Juge d’appel et professeure de droit à l’université catholique de Notre-Dame, à South Bend (Indiana), Amy Coney Barrett a été choisie par Donald Trump pour succéder à Ruth Bader Ginsburg [décédée le 18 septembre] au poste de juge à la Cour suprême des Etats-Unis. Les auditions sénatoriales débuteront le 12 octobre.
Sauf imprévu, sa nomination devrait être confirmée par le Sénat. Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, a fait savoir, le 2 octobre, qu’il souhaitait « hâter » le processus de confirmation. Et ce malgré l’épidémie de Covid-19 qui sévit au cœur même du Sénat et de la Maison Blanche. Décrite à tort comme « libérale » par Donald Trump lors du premier débat présidentiel, Barrett est à tous égards l’antithèse de Ruth Bader Ginsburg.
Ses positions concernant l’Affordable Care Act (ACA) [la loi sur les soins abordables, surnommée « Obamacare », promulguée par le président Barack Obama, le 23 mars 2010] et l’accès à l’avortement sont préoccupantes et plus à droite que celles de ses homologues conservateurs, les juges John Roberts, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh. Catholique pratiquante opposée à l’avortement, Barrett veut remettre en cause l’héritage féministe de celle dont elle occupera le siège. Son objectif, a-t-elle fait savoir, est d’utiliser le droit à des fins religieuses pour rétablir le « royaume de Dieu » sur Terre…
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En matière de santé, Amy Coney Barrett est favorable à l’abrogation de l’Obamacare. Quelque 27 millions d’Américains pourraient perdre leur couverture maladie, portant le nombre d’individus non assurés à 51 millions d’ici à 2026. L’invalidation totale ou partielle de l’Affordable Care Act serait également disruptive pour le système de santé et les individus souffrant de maladies chroniques.
L’organisation des soins a sensiblement évolué depuis 2010, avec l’introduction des Accountable Care Organizations et de procédures de rationalisation des soins. L’ACA est la principale base légale de ces innovations. Son abrogation désorganiserait durablement le système de santé, dans un contexte marqué par l’épidémie de Covid-19 qui, selon les chiffres du début octobre, a coûté la vie à plus de 208 300 Américains.
L’Obamacare est désormais populaire aux Etats-Unis. Donald Trump n’a pu en imposer la suppression par voie législative, malgré quelques succès, dont l’annulation de l’amende prévue en cas d’absence d’« individual mandate » (contrat individuel d’assurance). Son abrogation par une cour composée de neuf juges non élus – dont trois ont été nommés par Donald Trump (Gorsuch, Kavanaugh et potentiellement Barrett), lui-même président élu par un collège de grands électeurs sans avoir remporté le scrutin populaire en 2016 –, serait perçue comme injuste par la population américaine.
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