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Tout s’est déroulé comme prévu, dans l’indifférence des électeurs et à l’avantage des plus durs. Les résultats partiels du scrutin législatif du vendredi 21 février ont dévoilé, dimanche, une confortable victoire des conservateurs, qui obtiennent une large majorité des 290 sièges du Parlement iranien. Ce succès chasse la majorité de modérés et de réformateurs qui soutenait le gouvernement du président Hassan Rohani, dont le second mandat s’achèvera en 2021. Il est inséparable d’une abstention record.
A 42,57 %, le taux de participation est le plus faible qui ait été enregistré de toute l’histoire de la République islamique. Depuis les premières élections législatives, en 1980, le taux de participation est en moyenne supérieur de quelques points à 50 %. Le décrochage est donc net, alors que des appels à voter en masse avaient été répétés en boucle par les caciques du régime et en premier lieu par le Guide suprême, Ali Khamenei, au cours des semaines qui ont précédé le scrutin.
Clôture de l’ère Rohani
En plus de leurs candidats, dont des centaines ont vu leurs candidatures invalidées par le Conseil des gardiens de la révolution, les réformateurs et les modérés ont vu disparaître leur électorat potentiel, manifestement passé d’une volonté de transformer le régime de l’intérieur à un refus de jouer le jeu du système en se rendant aux urnes.
Ce changement s’est fait tout particulièrement ressentir à Téhéran. Si, dans les provinces, l’élection d’un parlementaire est souvent affaire de clientélisme et d’intérêts très locaux, les scrutins législatifs, dans les grandes villes et dans la capitale – qui envoie trente représentants au Parlement –, sont plus représentatifs des évolutions politiques nationales. La participation y a été, vendredi, inférieure à 25 %, et les électeurs qui avaient permis aux réformateurs d’obtenir l’ensemble des sièges de Téhéran en 2016 ne se sont pas présentés, permettant aux conservateurs de remporter une victoire complète dans la capitale.
Avec le scrutin de vendredi, le régime iranien a organisé la clôture de l’ère Rohani. La majorité parlementaire que le camp du président modéré avait obtenue lors des précédentes élections, en février 2016, avait fait figure d’encouragement populaire à la politique de détente vis-à-vis des Etats-Unis. L’électorat manifestait alors une volonté de croire aux promesses d’ouverture et de progrès économique qui lui étaient associées. L’accord sur le nucléaire iranien, signé en 2015, tardait à porter ses fruits sur le plan économique, mais n’avait pas encore été vidé de sa substance. Donald Trump n’était pas à la Maison Blanche. Il existait encore, pour les Iraniens avides de changement, des raisons d’espérer.
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