La Turquie d’Erdogan multiplie les fronts

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le 5 mars à Moscou.

Jamais autant qu’aujourd’hui la Turquie n’a été engagée dans tant d’opérations militaires en même temps. L’armée turque est présente en Syrie, à la manœuvre en Libye, en perpétuelle incursion dans le nord de l’Irak. Ses navires attisent les tensions avec la Grèce et Chypre en Méditerranée, ses avions chasseurs volent quotidiennement en rase-mottes au-dessus des îles de la mer Egée.

Récemment, le gouvernement a pris fait et cause pour l’Azerbaïdjan dans la guerre menée par cette ancienne république soviétique contre les indépendantistes arméniens pour le contrôle de la région du Haut-Karabakh, disant privilégier la solution de force aux pourparlers. Les drones et les frégates ont remplacé la diplomatie.

Indifférente aux mises en garde de l’Union européenne, la Turquie a redéployé ses navires en Méditerranée orientale, où elle réclame un nouveau découpage des frontières maritimes, ainsi qu’un accès aux gisements gaziers récemment découverts en eau profonde.

Placées sous escorte militaire, ces nouvelles missions de prospection risquent de raviver les tensions dans cette partie de la Méditerranée, où la Grèce et la Turquie – deux membres de l’Oganisation du traité de l’Atlantique Nord – ont failli en venir aux mains pendant l’été. Jeudi 15 octobre, la France et l’Allemagne ont donné une semaine à la Turquie pour retirer ses navires, sous peine de sanctions.

Espoirs de détente déçus

Après avoir semé la zizanie tout l’été avec ses prospections dans les eaux territoriales grecques et chypriotes, la Turquie avait fini par rappeler au port deux de ses navires. L’Union européenne (UE), solidaire de la Grèce et de Chypre, qui en sont membres, avait cru y voir l’amorce d’une désescalade. Le retrait avait eu lieu juste avant le sommet européen des 1er et 2 octobre, centré sur la crise en Méditerranée.

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Principal partenaire commercial d’Ankara, l’UE espérait que les propositions offertes lors du sommet, à savoir la modernisation du traité d’union douanière, la simplification des procédures de visas pour les ressortissants turcs désireux de voyager en Europe, de nouvelles dotations pour les réfugiés syriens hébergés sur le sol turc, seraient plus attractives que la menace de sanctions. Il s’agissait d’inciter le président turc, Recep Tayyip Erdogan, à entamer des pourparlers avec la Grèce et Chypre.

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Cet espoir s’est estompé, lundi, avec le redéploiement du navire Oruç-Reis, au large de Kastellorizo, la plus orientale des îles du Dodécanèse, suivi par l’annonce de ce que le navire Yavuz allait lui aussi reprendre sa mission de prospection au large de Chypre, l’île divisée de la Méditerranée.

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