la « success story » du couple fondateur du laboratoire allemand BioNTech

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Ugur Sahin et Ozlem Türeci, en mai 2018.

Dix fois, la question lui a été posée : « Comment avez-vous réagi en apprenant que votre candidat vaccin contre le Covid-19 était efficace à 90 % ? » Dix fois, il a fait la même réponse : « Je me suis senti libéré d’un grand poids puis, avec ma femme, nous avons bu une tasse de thé. » Directeur général de BioNTech, le laboratoire allemand à l’origine du vaccin expérimental contre le SARS-CoV-2 développé en collaboration avec le géant américain Pfizer, Ugur Sahin est d’un naturel sobre et discret. Deux adjectifs parmi les plus employés dans les innombrables portraits qui lui ont été consacrés depuis l’annonce de la nouvelle, lundi 9 novembre, dans les journaux du monde entier.

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Peu disert sur lui-même, Ugur Sahin doit pourtant une partie de l’immense curiosité médiatique dont il est l’objet à son parcours personnel et au couple qu’il forme avec Ozlem Türeci, directrice médicale de BioNTech, start-up qu’ils ont fondée ensemble en 2008 avec l’objectif de « révolutionner les thérapies contre le cancer ».

« De fils de travailleurs étrangers à sauveurs du monde », a titré le Rheinische Post. « Des enfants d’immigrés devenus multimilliardaires », a écrit de son côté le Tagesspiegel. Depuis le début de la semaine, tous les journaux allemands racontent la même success story. Lui, d’abord, né en 1965 à Iskenderun, sur la côte méditerranéenne de la Turquie, arrivé en Allemagne à l’âge de 4 ans avec son père, ouvrier chez Ford à Cologne. Elle, ensuite, de deux ans sa cadette, fille d’un chirurgien né à Istanbul et ayant immigré lui aussi en Allemagne, dans la petite ville de Lastrup, en Basse-Saxe.

Mariés depuis 2002, parents d’une fille née quatre ans plus tard, les deux jeunes médecins, passionnés d’immunothérapie, ont fondé une première entreprise de biotechnologie en 2001, baptisée Ganymed, qu’ils revendront en 2016. Entre-temps, leur seconde société, BioNTech, verra le jour en 2008. Elle compte aujourd’hui 1 500 salariés. Leurs patrons sont aujourd’hui classés parmi les 100 personnes les plus riches d’Allemagne. Et toute la presse, depuis lundi, n’a pas manqué de relever comme un signe du destin l’adresse où se trouvent ses bureaux, à Mayence, au bord du Rhin : rue de la Mine-d’Or…

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« Terrasser le virus »

Après vingt années à travailler sur le cancer, Ugur Sahin, Ozlem Türeci et leurs équipes n’imaginaient évidemment pas que leur nouveau projet de recherche, lancé en janvier en vue de développer un vaccin contre le nouveau coronavirus et baptisé du nom de code « Vitesse de la lumière », porterait aussi bien son nom, au vu des résultats extrêmement prometteurs annoncés, lundi, au cours de la troisième phase d’essai clinique de ce vaccin basé sur la technologie nouvelle de l’ARN messager. Cette dernière consiste à injecter dans l’organisme des brins d’instructions génétiques afin de dicter aux cellules le type de défense qu’elles doivent produire contre une maladie.

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