« La stratégie économique des Etats-Unis connaît une transformation inédite depuis le début des années Reagan »

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Tribune. Il n’aura fallu que cinquante jours pour que l’investiture de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis produise la signature – le 11 mars – d’un plan de relance (American Rescue Plan Act of 2021) de 1 900 milliards de dollars (1 595 milliards d’euros) au bénéfice de la population américaine. En se réconciliant ainsi avec son histoire, le camp démocrate mettait alors en avant sa filiation avec les présidences de Lyndon Johnson et de Franklin Delano Roosevelt, tout en annonçant un « changement de paradigme ».

Sans aucun doute, la stratégie économique des Etats-Unis connaît-elle aujourd’hui une transformation inédite depuis le début des années Reagan. De la modification de la politique monétaire menée par la Réserve fédérale des Etats-Unis à l’adoption de plans de relance budgétaires massifs, l’ère du néolibéralisme touche à sa fin.

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Mais derrière l’élection de Joe Biden, c’est la capacité d’adaptation et le pragmatisme du cœur de la technostructure américaine – au cours de ces dernières années – qui ont été la véritable instigatrice du changement de cycle économique auquel nous assistons.

Le chômage plus traité comme une variable d’ajustement

Nommé le 17 septembre 2018, à la vice-présidence de la Réserve fédérale des Etats-Unis, l’économiste Richard Clarida, ancien de l’administration de George W. Bush et du géant de la gestion obligataire Pimco, va jouer un rôle fondamental dans cette transformation. En proposant de tenir une « revue stratégique » de la politique monétaire américaine dès le mois de novembre 2018, Richard Clarida a mené un travail d’évaluation des décisions prises au cours des années précédentes qui finira par aboutir, le 27 août 2020, à l’annonce par la Réserve fédérale des Etats-Unis d’un changement de stratégie.

Alors que la maîtrise de l’inflation était jusqu’alors considérée comme l’objectif prioritaire de la politique monétaire américaine – et ce, depuis l’arrivée de Paul Volcker à la tête de l’institution en 1979 – la recherche de l’emploi maximal sera désormais traitée avec un niveau de priorité équivalent. Par cette simple déclaration, l’administration américaine indiquait que le chômage ne sera plus traité comme une variable d’ajustement.

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Epaulé dans son action par Jerome Powell, président de la Réserve fédérale – ancien de l’administration Bush père et du Groupe Carlyle –, et par Lael Brainard – membre du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale et ancienne de l’administration de Bill Clinton –, Richard Clarida révélait la capacité d’évolution intellectuelle de la technostructure américaine, et ce, de façon bipartisane.

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