la sénatrice Kamala Harris abandonne la course à l’investiture démocrate

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La sénatrice de Californie Kamala Harris, à Atlanta, en Georgie, le 21 novembre.
La sénatrice de Californie Kamala Harris, à Atlanta, en Georgie, le 21 novembre. CHRISTOPHER ALUKA BERRY / REUTERS

Kamala Harris était qualifiée pour le prochain débat démocrate, fixé le 19 décembre. Elle avait obtenu les nombres d’intentions de vote et de dons de campagne nécessaires fixés par les instances du parti. La sénatrice afro-américaine de Californie, 55 ans, ancienne procureure élue pour la première fois en 2014, a pourtant décidé de renoncer.

Son abandon dans la course à l’investiture présidentielle est le plus significatif depuis celui de Beto O’Rourke, ancien représentant du Texas, en octobre. Il intervient après ceux de nombreux élus qui disposaient sur le papier des qualités requises pour prétendre à la magistrature suprême mais qui se sont montrés incapables de trouver leur place dans une compétition très disputée, comme le gouverneur de l’Etat de Washington, Jay Inslee, ou l’ancien gouverneur du Colorado John Hickenlooper.

Le 27 juin, à l’occasion du premier débat opposant les prétendants, Kamala Harris avait frappé les esprits en s’en prenant au favori, l’ancien vice-président Joe Biden. Elle l’avait vivement attaqué pour son opposition, dans les années  1970, à la pratique du busing visant à favoriser la mixité raciale en milieu scolaire en permettant à des élèves issus de quartiers défavorisés de suivre leurs cours dans d’autres établissements.

Lire le portrait : Kamala Harris, la relève démocrate américaine

La malédiction des quinquagénaires

MARK RALSTON / AFP

Cette offensive avait payé à court terme puisqu’elle avait été suivie d’un sursaut dans les intentions de vote de la sénatrice, parvenue début juillet à la deuxième place avec 15 %, selon la moyenne des sondages calculée par le site RealClearPolitics. Cet essor a cependant été de courte durée. En dépit de performances honorables lors des débats d’octobre et de novembre, et de collectes de fonds convenables (11 millions de dollars au troisième trimestre), Kamala Harris obtenait moins de 4 % des intentions de vote selon la même source à la veille de son abandon.

Après celui de Steve Bullock, gouverneur du Montana, le 1er décembre, et celui de la sénatrice de l’Etat de New York, Kirsten Gillibrand, en août, ce renoncement illustre la malédiction qui frappe les quinquagénaires de cette course à l’investiture. Le sénateur du Colorado Michael Bennet, toujours en lice, n’a pas réussi à se qualifier pour les trois derniers débats, comme un autre sénateur, Cory Booker (New Jersey).

Parmi les six candidats qui seront sur scène le 19 décembre, un seul représente cette génération, la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar. Elle est cependant distancée par le jeune maire Pete Buttigieg, âgé de 37 ans seulement, ouvertement homosexuel, ainsi que par un trio de septuagénaires composé, outre Joe Biden, de deux représentants de l’aile gauche, Elizabeth Warren et Bernie Sanders.

Un milliardaire sera également présent, Tom Steyer, dont les intentions de vote restent cependant faméliques. Un autre entré en course à la surprise générale le 24 novembre, Michael Bloomberg, ne remplit aucun des critères de participation retenus parce qu’il a fait le choix de financer lui-même sa campagne.

Kamala Harris a visé ces deux candidats dans le courrier qu’elle a publié pour expliquer son retrait. « Je ne suis pas milliardaire. Et à mesure que la campagne s’est poursuivie, il est devenu de plus en plus difficile de réunir les fonds nécessaires pour faire face à la concurrence », a-t-elle expliqué. « En toute bonne foi, je ne peux pas dire à mes soutiens et à mes bénévoles que j’ai une chance si je ne le crois pas », a-t-elle conclu.

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