La République dominicaine élit son président en pleine pandémie

0
115

[ad_1]

Le candidat du Parti de libération dominicaine, Gonzalo Castillo, le 2 juillet à Saint-Domingue

Après une campagne atypique réduite à sa plus simple expression à cause de l’épidémie due au coronavirus, la République dominicaine s’apprête à élire, dimanche 5 juillet, son nouveau président. Après quatre mandats consécutifs, le Parti de libération dominicaine (PLD, centre) craint de perdre le pouvoir, dans un pays secoué ces dernières années par de fortes mobilisations contre la corruption.

« C’est la première fois en seize ans que les élections ne sont pas qu’une simple formalité pour le PLD », note Christian Girault, chercheur en sciences politiques à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine à Paris. Ce parti contrôle tous les pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire et médiatique. Près de 7,5 millions d’électeurs sont appelés à choisir le successeur du président Danilo Medina – en place depuis 2012 –, ainsi que 190 députés, 32 sénateurs et 20 membres du parlement centraméricain.

Accusations de fraudes

Deux hommes d’affaires et un ex-président se disputent la course à la présidentielle. Le candidat du PLD, l’entrepreneur et ancien ministre des travaux publics Gonzalo Castillo, 59 ans, est le dauphin de Danilo Medina – que la Constitution empêchait de se présenter à un troisième mandat. Il n’arrive qu’en deuxième position dans les sondages derrière Luis Abinader, 52 ans, du Parti révolutionnaire moderne (PRM, social-démocrate). Un troisième homme, Leonel Fernandez, 66 ans, ancien allié de Danilo Medina au sein du PLD, pourrait jouer les faiseurs de roi lors d’un éventuel second tour le 26 juillet.

Chef de l’Etat pendant trois mandats, entre 1996 et 2000 puis entre 2004 et 2012, M. Fernandez a quitté le PLD, qu’il présidait, avec fracas, après sa défaite aux primaires d’octobre 2019, qu’il a attribuée à des fraudes. Allié au Parti réformiste social chrétien (centre droit), il est crédité de moins de 10 % des intentions de vote, les voix qui manquent aujourd’hui au PLD pour conserver le pouvoir.

Les élections générales étaient censées avoir lieu le 17 mai, deux mois après les municipales du 15 mars. Mais la pandémie due au coronavirus a obligé les autorités à les repousser. A la date du 2 juillet, le Covid-19 avait affecté un peu plus de 34 000 personnes et en avait tué 765.

Les « marches vertes » contre la corruption

Dans la foulée des municipales, remportées par l’opposition – le PRM a notamment conquis la mairie de Saint-Domingue –, de nombreux analystes estimaient que Luis Abinader avait toutes ses chances de ravir la présidence au PLD dès le premier tour. Un sondage Gallup publié le 29 juin le crédite de 53,7 % des voix. « La victoire de l’opposition aux municipales a créé un élan qui, si la présidentielle s’était tenue seulement deux mois plus tard comme prévu, aurait abouti sans doute sur une nouvelle défaite du PLD, considère Ivan Ogando, directeur de la Faculté latino-américaine de sciences sociales en République dominicaine (FLACSO-RD). Après huit années ans de mandat de Medina et huit de Fernandez, il y a une fatigue logique de la population, mais, surtout, un ras-le-bol face aux scandales de corruption et au manque de réponse de la justice. »

Il vous reste 53.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: