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Abuja dispose d’une marge de manœuvre réduite avant que les bouleversements démographiques ne rendent plus périlleux le chemin vers le développement. Les réserves d’hydrocarbures constituent néanmoins un solide motif d’espoir pour sortir le pays du cycle de faible croissance auquel il est ferré.
Muhammadu Buhari n’est pas coutumier des mises en garde. Pourtant, à la fin d’août, le président nigérian n’a pas manqué d’alerter sa nouvelle équipe ministérielle : d’ici à 2050, la population du pays – qui compte aujourd’hui quelque 200 millions d’habitants – aura doublé.
« Si nous restons les bras croisés et attendons de ceux que nous appelons des partenaires de développement qu’ils règlent le problème, cette perspective peut sembler angoissante. Mais si nous agissons, nous trouverons les solutions », a-t-il indiqué.
Bien que contestée par le principal candidat de l’opposition, Atiku Abubakar, la réélection en mars de M. Buhari, avec 4 millions de voix d’avance, semble avoir été plus aisée que la tenue de ses promesses en matière de lutte contre la corruption, de diversification de l’économie et de renforcement de la sécurité. Au-delà des exhortations à l’autosuffisance nationale et du scepticisme face aux interventions extérieures, Buhari est bien conscient de la nécessité de s’attaquer à certaines priorités.
Mesures radicales
Parmi les maux qui entament la croissance, on peut citer la stagnation des recettes, la trop grande dépendance à l’égard des importations, la lenteur de l’industrialisation, la corruption, les dysfonctionnements politiques, l’insécurité nationale et régionale et enfin l’explosion démographique, en passe de faire du Nigeria, au mitan du siècle, le troisième pays le plus peuplé du monde.
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