[ad_1]
« Ils nous voleront notre argent, et demanderont de payer pour les dettes des autres. Le piège du plan de relance [européen] », titre mercredi 9 décembre l’hebdomadaire d’extrême droite Gazeta Polska. Pour illustrer cette « une », un photomontage présente Angela Merkel, Emmanuel Macron et le président du Parti populaire européen et ex-premier ministre polonais, Donald Tusk, habillés en noir et couverts de capuches, tels de mystérieux délinquants. La « une » pourrait presque paraître anecdotique compte tenu du faible tirage de l’hebdomadaire, à peine 20 000 exemplaires, un des plus faible de Pologne. En réalité, elle est symptomatique d’une tendance plus profonde, alors que le gouvernement national conservateur a longtemps bloqué le plan de relance européen, en refusant qu’il soit conditionné au respect de l’Etat de droit. Avant de donner son accord, mercredi.
Le groupe Gazeta Polska et ses médias affiliés (un quotidien, un site Internet et une télévision) est un élément important de la myriade de médias proches du PiS (Droit et Justice). Jaroslaw Kaczynski, le chef de la majorité, et le premier ministre Mateusz Morawiecki leur accordent régulièrement des interviews, et les entreprises publiques concèdent à ces titres de généreuses recettes publicitaires. Ils sont aussi à l’origine de « clubs de discussions » citoyens particulièrement nombreux et influents, qui ont la réputation de constituer l’essence de l’électorat dur du PiS.
Depuis que des discussions très animées rythment le débat public polonais autour de la question du veto au budget européen, plusieurs médias proches du pouvoir se sont permis de briser une question jusque-là tabou : l’évocation d’un possible « Polexit ». L’hebdomadaire Do Rzeczy, qui est au paysage médiatique polonais ce que Valeurs Actuelles serait à la presse française, a titré le 23 novembre : « Il faut dire à l’Union : assez. Le Polexit – nous avons le droit d’en discuter. » C’est la première fois en Pologne que la question était posée de manière aussi directe. En guise d’illustration, Jaroslaw Kaczynski faisait face à Ursula von der Layen, sur fond du sigle de la révolte des femmes polonaises pour le droit à l’avortement et d’un drapeau arc-en-ciel, symbole des mouvements pour les droits des homosexuels.
Sondages contradictoires
Dans la presse pro-gouvernementale, l’UE est systématiquement accusée de promouvoir l’athéisme, la « théorie du genre », « l’idéologie LGBT » le « gauchisme » et le « néo-marxisme ». Une rhétorique qui trouve très régulièrement écho dans la bouche de hauts responsables de la majorité. Interrogé sur son rapport à l’UE, le 27 novembre, le nouveau ministre de l’éducation, Przemyslaw Czarnek, l’a accusé de représenter la « civilisation de la mort » (reprenant les mots de Jean-Paul II à propos de l’avortement), en raison de sa promotion du droit à l’IVG. « En ce sens, nous sommes arrivés en Europe à un niveau pire que l’Union soviétique et le communisme, a-t-il soutenu. Autant en URSS, il y avait des fonctionnaires qui faisaient tout sous le diktat des marxistes, mais ne croyaient pas dans le marxisme. Mais les gens que nous entendons aujourd’hui croient de manière aveugle dans le néo-marxisme et ne tolèrent en aucun cas la vérité. »
Il vous reste 30.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
