la piste du neurotoxique organophosphoré évoquée pour son empoisonnement

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L’hôpital de la Charité à Berlin, en Allemagne, dimanche 23 août.

La thèse de l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, l’opposant russe à Vladimir Poutine, prend une consistance supplémentaire. Lundi 24 août, l’hôpital de la Charité de Berlin (Allemagne), où il a été transféré samedi depuis la Sibérie après un malaise survenu l’avant-veille, a fait savoir dans un communiqué que « les résultats cliniques indiquent une intoxication par une substance du groupe des inhibiteurs de la cholinestérase ». En d’autres termes, d’une classe de molécules organophosphorées dont font partie des neurotoxiques puissants tels que le sarin, le soman, l’agent VX ou le « Novitchok ».

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Cette dernière molécule avait été mise en cause dans la tentative de meurtre en mars 2018 de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia à Salisbury (Grande Bretagne). Londres avait estimé qu’ils avaient été empoisonnés avec cet agent de conception soviétique. Le VX a, lui, été employé en 2017, lors de l’assassinat à l’aéroport de Kuala Lumpur d’un demi-frère du dictateur nord coréen Kim Jong-un, Kim Jong-nam. Le 20 mars 1995, un attentat au sarin dans le métro de Tokyo, fomenté par la secte Aum, avait fait 13 morts et plus de 6 000 blessés. L’utilisation de cette même molécule par le pouvoir syrien en 2013 dans des zones rebelles a été documentée par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

La famille des organophosphorés, dont sont tirés ces neurotoxiques, a été découverte par des scientifiques allemands après la première guerre mondiale et diffère de vésicants tels que le gaz moutarde ou l’ypérite utilisée pendant celle-ci. Les organophosphorés ne seront pas employés comme gaz de combat lors du second conflit mondial. Dans le monde civil, on en tirera des pesticides tandis que le développement d’agents innervants se poursuivra pendant la guerre froide.

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Dangereux pour la cible et l’utilisateur

Leurs effets redoutables reposent sur l’inhibition quasi irréversible de l’activité d’une enzyme, l’acétylcholinestérase, impliquée dans l’influx nerveux et musculaire. Concrètement, son inactivation se traduit par une contraction musculaire irrépressible, « une excitation de tous les neurones et de tous les muscles », résume Julien Legros, directeur de recherche CNRS au laboratoire Cobra à Rouen, spécialisé dans l’étude des antidotes et des techniques de neutralisation d’éventuels stocks de tels agents. Avec, à la clé, le rétrécissement de la pupille, sécrétions diverses, faiblesse musculaire, paralysie, confusion, coma, apnée, convulsions… Jusqu’à la mort par asphyxie.

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