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Le Brexit à court terme, le « Green Deal » au bout du mandat et, entre les deux échéances, une série de priorités fixées par la nouvelle présidente : la Commission von der Leyen aura beaucoup d’écueils à surmonter.
La polémique sur l’intitulé du portefeuille du commissaire grec Margaritis Schinas est éteinte : il ne s’agit plus de « protéger » mais de « promouvoir » le mode de vie européen… La Commission pourra donc revenir à l’essentiel et, peut-être, faire approuver un « nouveau pacte » migratoire. M. Schinas, qui chapeautera la commissaire socialiste suédoise Ylva Johansson, promet une remise à plat complète. Le programme, en tout cas, est vaste : mettre en place un régime d’asile commun, rétablir le fonctionnement de l’espace sans passeport de Schengen, réviser les accords de Dublin (sur le premier pays d’accueil), mieux contrôler les frontières, développer une politique de retour plus rapide. La Commission espère agir début 2020, mais elle devra convaincre les pays de l’Est, ceux qui, a dénoncé M. Schinas au Parlement, « refusent de nourrir des migrants ».
C’est une mission prioritaire à ses yeux : Mme von der Leyen veut que Margrethe Vestager (vice-présidente exécutive chargée du numérique) et Thierry Breton (marché intérieur), ainsi que Paolo Gentiloni (économie), adaptent l’Europe au siècle numérique et assurent sa souveraineté technologique. Ils devront établir des normes pour les réseaux 5G et les technologies de nouvelle génération. La Commission envisage également l’instauration d’une taxe numérique européenne, au cas où aucun accord sur le sujet ne serait trouvé dans le cadre de l’OCDE. Les commissaires sont également invités à développer une « approche européenne coordonnée » relative à l’intelligence artificielle (IA). Et à concocter une initiative législative sur les services numériques, qui fixerait des dispositions de responsabilité et de sécurité pour les plates-formes, les services et les produits numériques. Une harmonisation, elle aussi, bien difficile.
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Une Europe « géopolitique »
Jean-Claude Juncker voulait une Commission « politique », Mme von der Leyen la souhaite « géopolitique ». « Nous construirons notre partenariat avec les Etats-Unis, nous définirons nos relations avec une Chine davantage affirmée et nous serons un voisin fiable, par exemple pour l’Afrique. Cette équipe devra défendre nos valeurs et nos normes de stature mondiale », a affirmé la nouvelle présidente. L’Europe, vraie « puissance » sur la voie de l’autonomie stratégique ? Sans doute pas, même si elle accomplit des progrès dans le domaine de la défense, même si, en son sein, les plus frileux sont, eux aussi, bien contraints de prendre en compte le changement de position des Etats-Unis envers leurs alliés. A l’égard de la Russie, sera-ce l’heure du reset (« redémarrage ») évoqué par Emmanuel Macron ? Cette idée glace les pays de l’est de l’Europe. Et les Vingt-Sept ne seront, en réalité, pas plus unis pour déterminer une position face aux Etats-Unis de Donald Trump. Ou à la Chine, qui investit massivement chez certains d’entre eux, dans le cadre de ses « nouvelles routes de la soie ».
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