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La livre sterling, véritable baromètre des négociations du Brexit, frôle son plus-bas historique depuis deux mois. Le Royaume-Uni a perdu entre deux et trois points de croissance en trois ans.
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Lentement, sans crise spectaculaire, le moteur de l’économie britannique est en train de caler. Plus de trois ans après le référendum, et alors que l’incertitude qui entoure le Brexit demeure totale, les signaux économiques passent les uns après les autres à l’orange, et au rouge pour certains. Au deuxième trimestre, la croissance a été négative (– 0,2 %). Au troisième trimestre, elle devrait être légèrement positive, évitant de justesse la récession au Royaume-Uni.
La livre sterling, véritable baromètre des négociations du Brexit, qui frôle son plus bas historique depuis deux mois, a de nouveau piqué du nez lundi 2 septembre. Face à l’euro, elle est repassée sous la barre de 1,10.
Lundi, l’indice PMI des directeurs d’achats du secteur manufacturier britannique a chuté à son plus bas niveau depuis sept ans. Il est à 47,4 points, sachant qu’un niveau inférieur à 50 points indique une contraction. De fortes baisses des commandes ont été enregistrées à tous les niveaux : consommateurs, biens intermédiaires et biens d’investissement. L’optimisme des patrons interrogés sur leurs carnets de commandes est aussi au plus bas depuis sept ans.
Le Brexit n’explique pas tout. La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis a provoqué un ralentissement mondial, qui touche toute l’Europe. L’Allemagne frôle la récession. Mais l’incertitude qui entoure la sortie de l’Union européenne vient aggraver une conjoncture internationale difficile.
Chute de la livre sterling
Si le Brexit n’a pas encore eu lieu, ses effets se ressentent déjà à deux niveaux. Il y a d’abord la chute de la livre sterling, qui a perdu près de 15 % par rapport à son niveau d’avant-référendum. Cela a provoqué de l’inflation la première année, grignotant le pouvoir d’achat des Britanniques. Le phénomène est désormais résorbé.
Le second effet, qui se fait sentir de plus en plus lourdement, est le fort ralentissement de l’investissement. Face à l’incertitude, les entreprises repoussent leurs décisions stratégiques. Plus elles attendent, plus ces investissements finissent par être annulés et partir ailleurs.
L’industrie automobile en est l’exemple le plus criant. En 2015, le secteur avait investi 2,5 milliards de livres (2,8 milliards d’euros) au Royaume-Uni. Depuis, c’est la dégringolade : 1,6 milliard de livres en 2016, 1,1 milliard en 2017, 0,6 milliard en 2018, et… 0,09 milliard sur les six premiers mois de l’année. « Les investissements sont de fait arrêtés », constate, impuissant, le SMMT, l’organisation représentant le secteur automobile britannique.
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