La médiatrice européenne réélue sur fond de divisions au Parlement

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La médiatrice européenne, Emily O'Reilly, à Budapest, le 7 mai 2019.
La médiatrice européenne, Emily O’Reilly, à Budapest, le 7 mai 2019. ATTILA KISBENEDEK / AFP

C’est passé de justesse. L’Irlandaise Emily O’Reilly, médiatrice européenne depuis 2013, a été réélue pour cinq ans, mercredi 18 décembre, par le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg, à une courte majorité de 320 votes sur 600 votants. Il aura fallu trois tours pour qu’une majorité se dessine et que la candidate sortante dépasse sa concurrente principale, Julia Laffranque, juge estonienne à la Cour européenne des droits de l’homme. « La compétition a été rude, c’est vrai, mais le résultat confirme que ma stratégie, depuis 2013, est la bonne », a déclaré Emily O’Reilly. La médiatrice est chargée d’instruire les plaintes pour « mauvaise administration » déposées contre des institutions de l’Union européenne.

La compétition, très politique, a exacerbé les tensions au sein d’un Parlement « fragmenté sur les questions d’éthique et de transparence », selon Sophie Pornschlegel, du think tank European Policy Centre. Sophie In’t Veld, eurodéputée néerlandaise du groupe centriste Renew Europe, affirme avoir été « frappée de la campagne contre Emily O’Reilly. Nous avons reçu des emails cherchant à la décrédibiliser. C’est exceptionnel pour ce genre d’élections. C’est certainement le signe qu’elle a fait du très bon boulot, car durant son mandat, elle n’a pas hésité à inquiéter ceux qui étaient au pouvoir. »

Pendant son mandat, Emily O’Reilly s’est attaquée à des figures de premier plan. En 2016, elle s’est intéressée de près au cas de José Manuel Barroso. L’ancien président de la Commission européenne avait accepté un poste de consultant au sein de la banque Goldman Sachs. Selon la médiatrice européenne, qui avait déjà été saisie d’autres cas de pantouflage, l’affaire Barroso révélait la faiblesse du code de conduite des commissaires européens ainsi que l’inefficacité de son application par le comité d’éthique de l’institution. La Commission aurait dû « prendre une décision formelle », demandant, à tout le moins, à l’ancien président de la Commission, « de s’abstenir de faire du lobbying pour la banque ».

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En 2018, c’est une plainte concernant Mario Draghi, alors président de la Banque centrale européenne, qui a servi d’aiguillon à Emily O’Reilly. La médiatrice a demandé au président de la BCE de mettre un terme à sa participation au « G30 », un club privé de banquiers influents, issus « d’établissements supervisés par la BCE ». Recommandation non suivie, mais qui a marqué les esprits.

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