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Donald Trump résiste. Au coronavirus (il n’est pas contaminé), comme à ce qu’il exige de lui. Après avoir écarté avec dédain la nécessité de subir un test de dépistage, alors qu’il avait côtoyé une personne infectée le week-end précédent, le président des Etats-Unis a fini par se raviser. Il s’est prêté à l’examen vendredi 13 mars au soir, au moment même où la Maison Blanche rendait public un communiqué de son médecin qui en écartait la nécessité. Une nouvelle illustration anecdotique des difficultés d’une présidence qui ne parvient pas à se hausser à la hauteur de la pandémie.
L’allocution solennelle, prononcée mercredi soir, avait déjà été en partie sabotée par Donald Trump lui-même. Le président s’était malencontreusement écarté du texte qu’il lisait sur un téléprompteur, laissant croire que l’interdiction d’accès au territoire américain signifiée aux ressortissants des pays de l’espace Schengen valait également pour les marchandises. Il avait dû piteusement rectifier pendant que son administration précisait par la même occasion que la mesure ne s’appliquait pas aux Américains.
De même, les plus grandes vertus avaient été reconnues au Royaume-Uni et à l’Irlande, étrangement écartés de ce régime d’exception. Elles n’ont pas tenu trois jours, les deux pays y étant soumis dès samedi. Vendredi, alors qu’il s’astreignait à une conférence de presse de rattrapage dans la roseraie de la Maison Blanche, Donald Trump a vigoureusement serré la main de responsables du secteur privé qu’il a associés à la riposte de l’Etat fédéral, au mépris des bonnes pratiques prophylactiques que les experts de la santé ne cessent de répéter.
Le péché originel de Donald Trump a été de nier la réalité de la crise au moment où tout semblait lui réussir, de la bonne santé de l’économie aux querelles fratricides démocrates. A sa suite, ses médias de prédilection se sont jetés à corps perdu dans la dénonciation d’un énième complot. Avec une telle ferveur que la chaîne conservatrice Fox Business a été contrainte vendredi de mettre au repos une présentatrice, Trish Regan, qui fustigeait imperturbablement « l’imposture démocrate du coronavirus ».
La recherche d’un bouc émissaire
Désormais résigné, il refuse pour autant de se faire le messager des mauvaises nouvelles, laissant à son immunologiste en chef, Anthony Fauci, la charge d’annoncer que le pire est à venir. Le diviseur en chef lance ponctuellement des appels à l’unité aussitôt invalidés par des attaques contre ses adversaires réels ou supposés. Vendredi matin, il a accusé Barack Obama, qui a quitté la Maison Blanche il y a plus de trois ans, d’avoir laissé derrière lui une administration paralysée, selon lui, par la paperasserie.
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